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200 km à la ronde - Fanny : "on est resté locavore à 60 %"


le 12 juin 2012
Fanny Chaumette, jeune-femme en préparation du CAPES de lettres, vit en couple avec Julien. Ils ont un chien. Pour FemininBio, elle a accepté de revenir sur l'incroyable expérience locavore qu'elle a vécue pendant 1 mois grâce à l'émission "200 km à la ronde" diffusée sur France 5. Interview pleine de sagesse et de créativité.

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Famille Monbrun-Chaumette

Un an après l'expérience locavore de l'émission "200 km à la ronde", que vous reste-t-il de cette aventure ?
Tout d'abord une très belle aventure humaine, une rencontre avec les autres familles avec qui nous sommes toujours en contact, nous partons d'ailleurs cet été avec la famille Guillot !
Ensuite, j'ai appris de nouvelles façons de cuisiner et j'ai eu un véritable coup de coeur gastronomique : la cuisine des fleurs comestibles ! J'ai été étonnée par leur goût, tantôt poivré, tantôt anisé, j'ai appris à les cuisiner et maintenant je prépare des dîners à base de fleurs : pensées au goût de poivre, les cosmos et les fleurs de courgettes que l'on peut farcir, après l'émission j'ai continué à m'intéresser aux fleurs comestibles et je me suis laissée charmer par l'huître végétale : cette fleur a véritablement le goût d'huître et on en trouve à Arcachon !
J'avoue que les fleurs nous ont sauvé la mise, gràce à elles, on a su redonner du goût à nos plats !
On est resté locavore à 60 %, on est attentif à la provenance de ce qu'on achète, notamment pour les fruits, les légumes, les viandes. En revanche, pour les pâtes, le café, c'est plus compliqué et cela prend plus de temps !
Pour moi, qui aime cuisiner, j'ai dû tout réapprendre, repartir de zéro, un grand défi passionnant et déroutant à la fois !

Quel a été l'aliment le plus difficile ou au contraire le plus facile à trouver, à remplacer ?
Tout nous a manqué, tout nous a semblé insurmontable dans les premiers jours. Je me souviens que nous avons été mauvais pour les premières courses, nous n'avions trouvé que des carottes et des haricots verts locaux, nous étions perdus, déboussolés, très peu informés au final. Je me souviens avoir eu faim, si faim que je n'arrivais plus à agir avec réflexion ! Au bout de 4 jours de difficultés, nous nous en sommes sortis car nous avions enfin trouvé où nous approvisionner et de là tout est devenu simple ! J'ajoute que je cuisine donc une fois rassurée sur comment obtenir les produits, ma créativité a repris le dessus sur mon stress !
Le café a beaucoup manqué à mon compagnon, Julien, heureusement Eglantine nous a donné un tuyau : mélanger de l'orge avec des racines de pissenlit peut remplacer la boisson si convoitée, même si le goût n'est pas tout à fait le même, cette boisson a fait l'affaire et le bonheur de Julien !
Le sel, les épices ont manqué aux plats que je préparais : rien n'avait du goût, mais une fois que j'ai mis la main sur les fleurs comestibles, plus rien n'a été pareil : mes recettes ont alors gagné en saveurs, quel soulagement et quelle merveilleuse surprise.
En fait ce qu'il nous a fait le plus défaut, c'est le manque d'information, mais une fois informés, nous avons avons trouvé nos marques, les obstacles sont tombés et le moral est remonté au beau fixe.

Au sein de votre famille qui a été le plus positif ou au contraire le plus récalcitrant ?
Notre chien ! Habitué aux croquettes, il a été malade de manger comme nous, son estomac n'a pas supporté, petit à petit il s'est habitué, mais il a craqué et est allé voler des croquettes chez la voisine !
Globalement, même si nous avons connu des débuts difficiles, nous étions très motivés l'un comme l'autre à relever le pari de se nourrir à moins de 200 km de chez nous. J'étais très heureuse de tenter l'aventure avec Julien, j'ai l'habitude de participer à des concours de cuisine, mais je suis seule, là, c'était différent j'ai vécu ce challenge avec Julien !

Quel souvenir gardez-vous de cette aventure ?
Cette expérience nous énormément apporté : on a fait la connaissance de familles formidables préoccupées par les mêmes soucis que nous, nous étions dans l'échange et le partage, ensuite des agriculteurs, des producteurs nous ont ouvert leurs portes, nous ont expliqué leur métier avec leur coeur. Ce sont de beaux moments de solidarité.
J'ai appris à cuisiner différemment, j'ai désormais un véritable carnet de recettes locavores ! Julien cuisine avec moi, dans notre couple aussi, cette expérience a compté.
J'ai compris qu'être locavore, c'était s'ouvrir aux autres, que les solutions s'obtenaient à plusieurs, il ne faut surtout pas s'affoler, ce qui est dur c'est perdre ses habitudes, mais une fois que vous avez acquis de nouveaux réflexes, c'est fantastique.

Une petite astuce à partager avec nos internautes ?
Il est vrai qu'au début j'avais souvent faim, j'ai l'habitude de grignoter, se passer de friandises a été dur, mais avec un peu de créativité, on s'en sort : voici ma recette de gâteaux qui sauvent la vie : les gâteaux au miel et confiture de fraises et menthe :
2 oeufs
150 gr de farine
150 gr de miel (un bon substitut au sucre !)
On fouette le miel et la farine, on laisse reposer 30 minutes, on fait des petites boules de la pâte ainsi obtenue qu'on dispose sur la plaque de cuisson. On laisse cuire 20 minutes à 140 °. On agrémente ces gâteaux locaux de confiture maison (le miel remplace le sucre mais il est également idéal pour compoter) et le tour est joué !

Des projets ?
J'ai créé une association, l'ARPA, autour du concept de rallye gastronomique et culturel : l'idée est faire découvrir les environs de Toulouse sous l'angle de la gastronomie locale, l'objectif est de rencontrer des producteurs locaux et de profiter des beautés de la région. Plus de renseignements auprès de l'office de tourisme de Toulouse.


"200 KM à la ronde", tous les jeudis à 20h35 sur France 5 (du 7 juin au 12 juillet 2012).

Stéphanie Jarroux
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