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Cosmétiques naturels vs cosmétiques chimiques : quels risques pour la santé ?

huile essentielle orange
Le principe de précaution s'applique aux huiles essentielles contenues dans les cosmétiques bio
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Sylvie Hampikian
Sylvie Hampikian
Mis à jour le 25 février 2021
Les produits cosmétiques bio, notamment à base d'huiles essentielles, présentent-ils des risques pour la santé ? Mise au point de notre toxicologue attitrée, Sylvie Hampikian.

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Lire la 1ère partie, sur la toxicité des cosmétiques chimiques

2ème partie : les cosmétiques naturels

Un profil toxicologique plus rassurant

Globalement, les ingrédients cosmétiques naturels ont un degré de toxicité inférieur à celui des substances chimiques. Il suffit de comparer la carte d’identité toxicologique (Material Safety Data Sheet) d’un ingrédient naturel classé parmi les plus toxiques (huile essentielle de sauge officinale) et celle d’un ingrédient chimique à la réputation sulfureuse, la para-phénylènediamine ou PPD (coloration chimique). Deux lignes dans le premier cas (précisant sa faible toxicité aigue chez l’animal, et mentionnant un risque d’allergie cutanée), 15 lignes dans le second (avec mention notamment de sa toxicité pour le foie et de son caractère cancérigène). La DL50 par voie orale chez le rat (dose ayant provoqué la mort de 50% des animaux) est de 2600 mg/kg pour l’HE de sauge, de 80 mg/kg pour la PPD. Vous l’aurez compris : y’a pas photo !

En dehors des allergies, qui sont ni plus ni moins fréquentes qu’avec les cosmétiques chimiques, il n’y a aucune contre-indication ou limite à l’emploi sur le long terme des cosmétiques naturels. Seul un groupe majeur d’ingrédients naturels retient l’attention des toxicologues. Il s’agit des huiles essentielles, que je viens d’évoquer pour la sauge.

En effet, ces extraits aromatiques très concentrés contiennent des molécules bioactives puissantes, se rapprochant de certains médicaments. De plus, en raison de leurs propriétés physicochimiques, elles traversent la peau et les voies respiratoires et passent dans l’organisme (via la circulation sanguine). Or, les scientifiques ont peu étudié les effets des huiles essentielles à long terme ou en période de grossesse. C’est la raison pour laquelle elles font l’objet de précautions d’emploi, et notamment d’une contre-indication générale lors des 3 premiers mois de la grossesse.

Le principe de précaution appliqué aux huiles essentielles

Aucune toxicité n’est avérée en usage cosmétique pour les huiles essentielles en vente libre destinées à l’usage cosmétique (des listes sont disponibles dans les ouvrages et sur les sites de cosmétique home-made). Néanmoins, il y a des doutes sur les effets hormono-mimétiques* de certaines d’entre elles (cèdre du Liban, anis vert, fenouil, sauge sclarée, niaouli, et de manière à plus controversée, lavande vraie et tea-tree).

Par conséquent, au nom du principe de précaution, je recommande d’éviter d’employer toujours la même huile essentielle, quel que soit son usage (santé, beauté, diffusion ou parfum…). Par exemple, en termes de cosmétique maison, je conseille de préparer ses soins quotidiens en alternant l’huile essentielle dominante : par exemple pour un soin anti-acnéique utiliser une crème au tea-tree pendant 2-3 mois, puis fragonia pendant 2-3 mois, etc… Je recommande aussi d’éviter de mettre la même huile essentielle dans tous ses soins (par exemple crème, déo, huile corporelle contenant de la lavande vraie), l’accumulation des sources entrainant une augmentation de la dose quotidienne.

Y a-t-il d’autres ingrédients naturels à éviter ?

En dehors de ces précautions relatives aux huiles essentielles, les autres ingrédients naturels à propriétés cosmétiques peuvent être utilisés de manière répétée et/ou prolongé sans problème. Il n’y a aucun contre-indication à utiliser de cette manière le gel d’aloès (s’il est vraiment naturel), les huiles végétales, les hydrolats, le yaourt… du moment qu’ils vous conviennent. Bien sûr, il ne faut pas faire tous les jours un masque à l’argile verte ou un gommage à base de citron, car cela finirait par agresser la peau (de tels soins doivent être pratiqués 1 à 2 fois par semaine pas plus).

Bien entendu, dans les soins maison, on évitera les ingrédients connus pour leur mauvaise tolérance cutanée : moutarde et autres condiments corsés, plantes irritantes ou toxiques (euphorbe, chélidoine, rue, muguet, laurier-rose, aconit…), ainsi que les produits à la fraicheur douteuse, qui peuvent entrainer non pas des problèmes toxicologiques, mais des problèmes microbiens. En ce qui concerne les produits ou ingrédients du commerce, la seule réserve que j’émettrais concerne les articles d’origine « exotique ». Souvent mal étiquetés, donc ayant échappé aux contrôle de la DGCCRF, ils peuvent être falsifiés et contenir des constituants chimiques (huile minérale dans une huile sensée être de coco ou d’argan, sels métalliques ou PPD dans des hennés, corticoïdes dans des baumes…).

Y a-t-il un risque d’accoutumance ?

En termes d’efficacité, pas de souci non plus. La peau ne « s’habitue » pas et ne devient pas plus exigeante si l’on emploie toujours le même soin (contrairement à certaines idées reçues). Si un produit vous convient, aucune raison d’en changer. Par contre, vous pouvez changer simplement pour le plaisir d’essayer, de découvrir… Ou pour pratiquer l’alternance, si le produit est riche en huiles essentielles.

Par contre, la peau devient plus exigeante en soins hydratants avec l’âge, ça c’est imparable. Si vous avez 20-25 ans, vous avez encore 10 ans devant vous avant que ce phénomène se manifeste. Cela ne vous empêche pas si vous en avez envie d’utiliser un produit ultra-riche, comme l’huile d’argan, que l’on destine généralement aux peaux matures. Elle ne vous fera aucun mal et ce n’est pas parce que vous l‘aurez employée à 20 ans qu’elle ne sera plus efficace lorsque vous en aurez 40.

Les cosmétiques naturels sont des poisons ? Bien sûr que NON.

Il faut juste être attentif à leur dosage en huiles essentielles (soins maison) et respecter les précautions d’emploi des produits d’aromathérapie du commerce.

Les cosmétiques naturels sont bons pour la peau et les cheveux ? OUI

Ils contiennent majoritairement des ingrédients ayant une bonne affinité pour la peau. Seuls quelques additifs (généralement naturels) sont présent pour des raisons de texture ou de conservation. Les risques d’irritation sont très faibles, liés à des phénomènes d’allergie ou d’hyper-réactivité, ou (très rarement) à l’usage de cosmétiques trop dosés en huiles essentielles.

Les cosmétiques naturels participent à la pollution du corps ? NON

Bien reconnus par l’organisme, les ingrédients naturels sont éliminés par le métabolisme et ne tendent pas à s’accumuler. Cela ne doit pas empêcher d’être vigilant sur la toxicité à long terme des produits richement dosés en huiles essentielles. Dans ce cas, l’alternance (tous les 2-3 mois maximum) est conseillée pour les produits employés quotidiennement.

* Voici une liste très large d’huiles essentielles à éviter en cas de cancer hormono-dépendant (seins, ovaire, prostate) : achillée millefeuille, acore calamus, anis vert, badiane (anis étoilé), camomille allemande, cyprès vert, fenouil, houblon, lavande (vraie, aspic et stoechade), lavandin, menthe poivrée, niaouli, noix de muscade, romarin à camphre, sauge officinale (vente réglementée), sauge sclarée, tanaisie annuelle, tea-tree (arbre à thé).

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