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Grossesse

Rencontre avec Lia Lainé, accompagnante à l’interruption de grossesse

En 2019, 232 200 interruptions de grossesse volontaires ont été réalisées en France.

Intarapong/Shutterstock
Claire Boubert
Par Claire Boubert
Publié le 02 septembre 2022

Interrompre sa grossesse est toujours une décision difficile à prendre, quelle que soit la situation. Plus on est accompagnée pour effectuer cette démarche, moins il sera douloureux de l’accepter et d’avancer vers de nouveaux projets de vie. Rencontre avec Lia Lainé, accompagnante à l'interruption de grossesse.


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Aujourd'hui en France, on compte quelques 200.000 interruption volontaire de grossesse (IVG) par an, un chiffre stable depuis 1990. Pourtant, le tabou autour de ce choix amène encore beaucoup de culpabilité : socio-culturelle, religieuse ou encore transgénérationnelle, les raisons sont multiples. De ce fait, peu sont les personnes qui se tournent vers un spécialiste pour être accompagnées physiquement et moralement après cette épreuve.

C'est l'idée qu'a eu Lia Lainé, fondatrice de Tisseuse de soi et accompagnante à l'interruption de grossesse. Cette structure a été pensé pour être une ressource pour toutes les personnes qui ressentent le besoin de mieux comprendre cet événement de vie. Le rôle d'un accompagnant à l'interruption de grossesse est avant tout "un acte de présence, de soutien et d'écoute. C'est aussi un rôle d'informations fiables et sécurisantes sur les méthodes, les délais, les lieux, les droits, les lois..." explique-t-elle. Il est nécessaire de rappeler que les accompagnants ne se soustraient pas au personnel médical mais "d'offrir une aide complémentaire".

L'accompagnant à l'interruption de grossesse considère l'événement de santé reproductive comme appartenant entièrement à la personne qui le vit. Cette philosophie guide sa pratique : l'accompagnant se doit toujours d'agir dans le meilleur intérêt de la personne qui demande ses services.

Pour quelles raisons une femme peut ressentir le besoin d’être accompagnée ?

L'accompagnant à l’avortement aborde les procédés médicaux entourant l’avortement, certes, mais en étant davantage axée sur l’accompagnement psychologique. Il peut assurer une présence lors des consultations avant l’avortement par exemple, ce qui peut aider la patiente à poser les questions souhaitées et à mieux enregistrer les informations. Cela permet également de faire valoir son droit à garder pour soi les motifs de sa décision, à se défendre de l’infantilisation et de la culpabilisation que peut faire preuve certains membres de l'entourage.

Selon le contexte, l’accompagnant peut également être présent pendant et après l’avortement pour épauler et se montrer un soutien émotionnel : "tenir la main, aider à la relaxation, écouter une histoire, accompagner le deuil" dans un espace dénué de jugement où les idées, les inquiétudes, les indécisions et les émotions sont partagées.

Si l'interruption de grossesse n'a pas encore eu lieu, le spécialiste peut aussi accompagner les femmes :

  • à la préparation au milieu médico-social et aux demandes qui peuvent y être formulées ;
  • à nommer en amont les besoins qui devront être exprimés le jour J.

Comme l'explique Lia Lainé, le plus important reste de prendre son temps. "De nos jours, les femmes ont besoin de reconnexion à leurs corps, à leur cycle et à la gestion de leur fertilité; il ne faut surtout pas rester isoler et en parler à ses proches, mais cela reste compliqué".

Un accompagnement avant, pendant, et après l'interruption de grossesse

Pour se faire, la patiente doit échanger avec l'accompagnant. Car pour pouvoir bâtir une relation de confiance, Lia Lainé préfère expliquer en tout point sa démarche et les enjeux qui l'accompagnent. Et après cet échange, la patiente peut décider ou non de continuer le processus. Si elle accepte, le spécialiste peut lui proposer trois formats :

  • un accompagnement ponctuel d'une heure ;
  • un accompagnement plus complet avec trois rencontres et une présence par sms et téléphone ;
  • un soin-rituel à domicile.

Quelque que soit le choix du format, les accompagnements se basent sur un protocole individuel construit au cours des échanges. "Je ne suis ni thérapeute, ni conseillère, rappelle Lia Lainé. J'accompagne la personne à trouver ses propres ressources, afin qu'elle puisse les mobiliser de nouveau lorsque que l'accompagnement sera fini".

Notre experte :

Merci à Lia Lainé, accompagnante à l'interruption de grossesse et créatrice de Tisseuse de soi. Plus de détails sur son Instagram et le site www.tisseusedesoi.com

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