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Beauté

Ma vie sans soutif, ni make-up, c'est possible!

Camille Lechable
Camille Lechable
le 25 août 2017
Vivre sans soutien-gorge ni maquillage est un concept qui séduit de plus en plus de femmes soucieuses de leur bien-être et de leur naturel. À la recherche de cette liberté perdue, j’ai à mon tour tenté l’expérience. Alors, douche froide ou prise de conscience ?
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Mercredi 19 avril, 8 heures du matin. Cette fois, c’est le jour J : aujourd’hui, je ne porterai ni soutien-gorge, ni maquillage. Dit comme ça, cela peut sembler bien dérisoire, limite superficiel, de s’angoisser à l’idée de partir travailler sans les artifices auxquels je suis habituée depuis une bonne dizaine d’années. Et pourtant, le défi était de taille…

Dans ma chambre du 18e arrondissement de Paris, j’inspecte ma morning face d’un air pas franchement serein dans mon miroir piqué. Sans commentaire. Ma garde-robe pleine à craquer subit le même regard interrogateur : comment s’habille-t-on quand on ne porte pas de soutien-gorge ? J’opte pour la robe la plus ample et évasée de mon armoire, la tenue parfaite pour couvrir chastement ma poitrine fraîchement "libérée-délivrée" de cette entrave à armatures. Une artillerie lourde à coques et bretelles renforcées qui pullule en une vingtaine d’exemplaires dans mes tiroirs. Il faut dire que les bonnes fées du décolleté n’ont pas oublié de se pencher sur mon berceau à ma naissance: un bon 95C se cache sous mes cols Claudine candides.

Trêve de bavardage, j’enfile une veste ample par-dessus ma toge vert sapin et détache mes cheveux pour tenter de couvrir ce sein que je ne saurais voir. Verdict : j’ai l’impression d’être en pyjama, mal fagotée, et que l’un de me seins va se faire la malle durant la journée, telle une Amazone déchue perdant toute dignité dans la bataille.

Merci le conditionnement social !
Niveau make-up, la consternation est la même. En sachant que j’ai adopté la BB crème et le mascara depuis mon entrée en 4e, l’affrontement avec ma peau nue (digne d’une ado) n’est pas très plaisant. Un coup d’eau micellaire et je suis prête : il est 8 h 15 et je n’ai jamais été aussi en avance.

Pourtant, je manque d’arriver en retard à force d’hésiter derrière la porte d’entrée de mon immeuble. La rue bondée m’effraie. Je me jette finalement à l’eau. Le soleil caresse ma peau, le vent se faufile sous ma robe, et un autre monde s’ouvre à moi, à la fois hostile et délicieusement agréable. Face aux filles maquillées – à la truelle –, j’ai l’impression d’être parvenue à un stade supérieur, assez sage pour me passer de fard et dominer le monde, telle l’incarnation de la fille de Yoda et de Catherine Deneuve.
J’ai l’impression que les gens m’observent bizarrement, de ce regard un peu surpris qui devine que quelque chose cloche sur votre visage sans pouvoir l'identifier. L’épreuve terrifiante du métro surmontée (j’ai passé le trajet au fond de la rame, veste rabattue sur ma poitrine pudique), c’est le moment de passer aux choses sérieuses : montrer mon vrai visage aux personnes qui me côtoient tous les jours. En gros, essayer de passer inaperçue et ne pas avoir l’air de contracter la mononucléose (#cernesbleutés).

Si les regards me semblent plus insistants (et pas dans le bon sens du terme) que d’habitude, aucune réflexion sur ma figure défaite ne fuse. Les filles de la rédac' sont-elles particulièrement délicates ou ma paranoïa m’a-t-elle joué des tours sur ma véritable apparence ? Un check-up dans le miroir des toilettes m’apporte la réponse : j’ai des yeux de lapin albinos couplé avec le croque-mort de Lucky Luke. J’exagère peut-être un peu mais une chose est sûre, je ne prendrai pas de selfies aujourd’hui. Yoda aurait-il pris le dessus sur Catherine ?

Comme une envie de brûler son soutif
Concernant mon buste façon Vénus de Milo, c’est finalement plutôt agréable, au point que j’oublierais presque cette absence nouvelle de lingerie. Ce mouvement du no bra (sans soutien-gorge), qui marche sur des diktats vieux de plus d’un siècle, semble avoir rallié pas mal de partisanes free the nipple ("libérer le téton") à sa cause, dont la blogueuse Gala fait partie. Cela fait un an que la jeune femme de 26 ans a laissé tomber le soutif "avant tout par souci de santé", explique-t-elle (www.galasblog.com). En effet, si les avis médicaux restent timides, il semblerait que les femmes ne portant pas de soutiens-gorge garderaient des seins fermes plus longtemps, des mamelons au beau fixe et ne souffriraient pas de vergetures.

À travers sa démarche, Gala aspirait aussi au confort et à la volonté de s’assumer telle qu’elle est, sans "tricher avec tous ces artifices". Un dernier point s’ajoute à ses motivations : "la sexualisation à outrance de la poitrine féminine", cette institution sociétale qui fait qu’apercevoir la forme d’un téton sous nos pulls relèverait d’une sorte de pacte avec le diable. Les femmes auraient-elles vraiment l’air plus tapageur sans soutien-gorge ?

En Scandinavie, par exemple, 95 % des femmes ne portent pas de soutien-gorge, selon le Dr Jean-Denis Rouillon, médecin du sport à Besançon. En France, le conditionnement social est tel que les femmes n’osent pas franchir ce pas, de peur de paraître aguicheuses. D’après l’étude du scientifique (Seins et sport, 2013), "les médias confortent cette attitude vertueuse" de porter un soutien-gorge, et ce dès l’adolescence, période à laquelle cet outil de dentelle serait en fait un "faux besoin", qui devient une dépendance à force d’années de pratique. Pourtant, le sein n’est "pas fragile, mais il est fragilisé par des comportements extérieurs", affirme le spécialiste, comme le port du soutien-gorge…*

S’il appelle à ne pas généraliser, il a pourtant remarqué durant ses quinze années de recherche que les seins libérés regagnent du tonus et de la tenue, même bien au-delà de 40 ans, en tout cas chez les 300 femmes sportives et sans surpoids qu’il a suivies. Malgré les images de Sabrina, époque Boys boys boys, qui défilent dans ma tête, mes seins émancipés ne m’arrêteront pas sur leur lancée.

Quand beauté ne rime plus avec superficialité
Après le travail, je rejoins une amie pour un vernissage : rien de mieux qu’un événement mondain pour tester la nouvelle moi. Pour mon acolyte, jeune Parisienne de 24 ans adepte du no make-up depuis qu’elle est en âge de se poser la question des apparences, c’est au contraire quand elle est maquillée qu’elle ne se sent pas elle-même : le regard des gens sur ses yeux de biche fardés la gêne plus qu’autre chose : "Ma mère ne se maquille pas, je n’ai jamais su me maquiller et mon copain me préfère au naturel". Trois arguments qui me permettent de relativiser et de profiter de l’exposition, oubliant enfin mes seins et ma peau nue.

Et c’est tant mieux, car un maquillage quotidien n’est pas anodin… Selon le dermatologue Paul Dupont, "les ingrédients utilisés dans les cosmétiques synthétiques ne sont pas forcément sans danger". Il est donc bon de " repenser la cosmétique en la mettant en relation avec la santé, pas seulement avec la beauté d’apparence". Si on veut bénéficier d’un petit coup de pouce pour avoir le teint frais et des yeux de biche, on choisit des cosmétiques bio et non comédogènes, notamment pour les peaux à tendance acnéique. "Seul le label bio peut garantir qu’il n’y a pas de molécules synthétiques dangereuses", rappelle le docteur dans son livre Soigner sa peau au naturel (Éd. Eyrolles).

C’est exactement ce que j’avais besoin d’entendre pour affronter dignement des amies rencontrées par hasard sur les lieux. Si leur joli rouge à lèvres bordeaux me fait envie, je suis contente d’être capable de côtoyer la société sans ornement superficiel. Et peut-être même de briller uniquement grâce à mon humour et mon sens de la conversation. Comme dirait la morale : "Un sourire est le plus beau maquillage qu’une femme puisse porter."

Et si je recommençais ?
En arrivant chez moi, si l’un de mes premiers réflexes aurait été habituellement de dégrafer mon soutif (tout en envoyant valser mes chaussures) et de me démaquiller abondamment (et sans délicatesse), ce soir, tout est différent. D’ailleurs, ma poitrine me semble plus ferme que d’habitude, revigorée par l’air frais de cette fin de soirée. Quant à ma peau, elle paraît plus reposée, moins "polluée", comme si le maquillage retenait vicieusement toutes les particules nocives de l’air ambiant. C’est presque à regret que je reprends mes habitudes le lendemain matin…
Que me reste-il de cette expérience ? L’envie de continuer. De braver les images de la femme parfaite et d'opter pour un quotidien qui ne serait pas dicté par la société. Pour commencer doucement, les vacances d’été ne seraient-elles pas l’occasion idéale pour abandonner soutif et make-up ?

Merci à Olly  (olly-lingerie.com) pour la jolie photo de culotte en coton 100 % bio.

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