Cycle féminin

"Si l'on doit privilégier les pilules contraceptives, il faut qu'elles soient à base d'oestrogènes bio-identiques", explications du Dr Bérengère Arnal

Publié le 14 juin 2020 - Mis à jour le 18 juin 2020
"La meilleure solution reste de privilégier les contraceptions sans hormones, et de se faire poser un stérilet, surtout chez les nullipares !"
"La meilleure solution reste de privilégier les contraceptions sans hormones, et de se faire poser un stérilet, surtout chez les nullipares !"
© rhsupplies

Le mardi 2 juin sortait une enquête intitulée "Comment et pourquoi on a fabriqué de fausses menstruations" menée par le quotidien 20 Minutes en partenariat avec l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Pour aller plus loin, nous avons demandé au Dr Bérengère Arnal, gynécologue, sophrologue et phytothérapeute quelles étaient les options pour une contraception plus respectueuse du cycle menstruel.

C'est une nouvelle qui résonne dans l'esprit des femmes depuis plusieurs jours : les règles sous pilules sont "fausses" et "inutiles". Mais pourquoi infliger une telle souffrance au corps si ces hémorragies n'ont aucune importance ni pour le cycle, ni pour le bon fonctionnement de l'appareil génital et reproductif ? La gynécologue Bérengère Arnal nous éclaire.

FemininBio : Une enquête du quotidien 20 Minutes sortie le mardi 2 juin nous informe que les règles sous pilules oestroprogestatives sont fausses, et qu'elles n'ont aucune utilité médicale. A quoi servent-elles dans ce cas ?

Dr Bérengère Arnal : Elles n'ont en effet aucune utilité sur un plan contraceptif ou physique. Lorsque la contraception oestro-progestative (COP) a été créée il y a cinquante ans, ces saignements avaient pour but de rassurer les femmes afin qu'elles n'aient pas l'impression de perdre leurs règles. Le sang qui survient la semaine d'arrêt de la COP ou lors de la semaine de prise de sept comprimés neutres faisant suite à trois semaines de prise d'hormones oestro-progestatives est appelé hémorragies de privation. Celles-ci surviennent à l'arrêt de la prise des oestro-progestatifs. Le cycle menstruel est bloqué par la prise de COP.

Mais ces COP n'ont pas évolué depuis ?

Pas tant que cela. Il y a un an ou deux, on a sorti un générique du Minidril, la pilule la plus ancienne sur le marché (1974 soit 46 ans d'existence), qui s'appelle aujourd'hui Optidril. Les femmes sont contentes, car elles pensent prendre une petite pilule toute récente, mais c'est complètement faux. Nous mettons des jeunes filles de 13 ans sous des pilules qui ont 46 ans d'existence, soit presque 3 générations de femmes, et l'on ose dire que ce sont des pilules mini-dosées. Je m'insurge depuis toujours contre ce genre de pratique. 

>> A lire sur FemininBio Crise autour de la pilule : quelle contraception est sûre et efficace ?

Alors pourquoi ne pas cesser ce processus d'hémorragie s'il est inutile ?

Si l'on supprime les fausses règles, on prescrit la COP en continu. Mais comme je considère que les oestro-progestatifs augmentent le risque de cancer du sein, je ne peux pas militer pour le fait de donner plus d'hormones aux femmes...

C'est donc dangereux de le supprimer totalement ?

Les oestro-progestatifs augmentent non seulement les risques de cancer du sein mais aussi les risques cardio-vasculaires. Et si l'on vous dit que ce n'est pas démontré, la réponse est simple et logique : quand on découvre chez une femme un cancer du sein, ou lorsqu'elle vient de faire une embolie pulmonaire, un AVC, un infarctus, on lui demande d'arrêter au plus vite la COP. Ce contre-argument prouve clairement que s'il n'y avait pas de danger, on ne dirait pas d'arrêter. Donc oui, plus vous donnez d’hormones, en dosage et en temps, et plus vous augmentez les risques de cancer du sein et d'accidents cardio-vasculaires. 

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La meilleure solution reste de privilégier les contraceptions sans hormones, et de se faire poser un stérilet au cuivre, même et surtout chez les nullipares ! Pour ma part, je le fais poser par un chirurgien sous anesthésie locale, avec tout un protocole de plantes et d'homéopathie avant et après la pose.

N'y a t-il pas d'alternatives plus naturelles pour les femmes qui refusent la pose de stérilet ?

Oui, il y a ce que l'on appelle les hormones bio-identiques. Elles sont conseillées dans les traitements hormonaux de la ménopause. Ce sont des hormones de synthèse identiques à celles naturellement sécrétées par les ovaires. Il s'agit, pour les oestrogènes, du 17 bêta-oestradiol et pour la progestérone, de la progestérone micronisée.

>> A lire sur FemininBio Tout savoir sur la pilule contraceptive et ses alternatives

Jusque là les COP contenaient de l'éthinylestradiol comme oestrogène. En matière de COP, deux spécialités oestro-progestatives contiennent du 17 bêta-oestradiol (soit directement ou soit après métabolisation du Valerate d'oestradiol dans l'organisme en 17 béta oestradiol). Il n'existe pas encore de COP avec de la progestérone bio-identifique ; celle-ci existe depuis 50 ans, mais n'a pas d'action contraceptive dans le cadre d'une COP. Il est important de savoir que toutes les hormones stéroïdiennes sont synthétisées au laboratoire à partir de molécules d'origine végétale (phytostérol de soja par exemple).

La COP doit donc être prise en derniers recours ?

Ma certitude après 40 ans de pratique, les jeunes filles et les femmes doivent prendre le moins d'hormones de synthèse possible et le moins longtemps possible au cours de leur vie. Si l'on doit privilégier les pilules contraceptives, il faut qu'elles soient à base d'oestrogènes bio-identiques et d'un progestatif le moins de synthèse possible, c'est-à-dire, le plus proche de la progestérone sécrétée par les ovaires. Il convient de ne prendre une COP que si la femme en a réellement besoin. En l'absence de relation sexuelle, il vaut mieux stopper la COP.

En dernier lieu, en dehors du problème de l'endométriose, il faut savoir qu'il est possible de traiter un grand nombre de pathologies gynécologiques avec des traitements naturels (phythothérapie, homéopathie, nutrithérapie, médecine chinoise...) et que bloquer en première intention les cycles d'une toute jeune fille qui démarre juste l'installation de ses cycles menstruels par une prise de COP pour des douleurs de règles ou un syndrôme menstruel, par exemple, ne me paraît pas dénué de danger pour son avenir. Je conseille en première intention de se tourner vers les pratiques naturelles et de réserver la COP en cas d'échec de ces dernières.

Infos utiles
Docteur Bérengère Arnal est médecin gynécologue-obstétricienne, sophrologue, phytothérapeute et diplômée de psychosomatique en gynécologie-obstétrique. Elle est la Présidente fondatrice (2007) d'Au sein des femmes, association dédiée aux femmes atteintes de cancer du sein. Son site : berengere-arnal.fr

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Réactions à l'article
Par Lavieenrose le 18 juin 2020 à 13h30
Stérilet

Bonjour, Avant de conseiller le stérilet aux jeunes femmes, il me semblerait honnête de préciser le fonctionnement du stérilet, que chacune puisse faire un choix en connaissance de cause.
Bien sûr le stérilet évite les hormones contraceptives et protège la santé des femmes, mais son fonctionnement consiste à empêcher la nidification d'un embryon au stade morula. Il faut donc le savoir. Le stérilet n’empêche pas la fécondation mais seulement la nidification de l'oeuf fécondé.

Par claire1184 le 22 juin 2020 à 13h03
Stérilet aux hormones

Bonjour, j'ai beaucoup apprécié votre article mais il aurait été encore plus intéressant et complet si une partie avait pu être consacrée aux stérilets aux hormones... DIU également très répandu. Merci

Par cari_l le 25 juin 2020 à 00h38
Notre réconciliation a eut lieu le weekend dernier

Bonjour,

En Mars dernier mon mari avait commencé à mener une double vie et ne voulait plus rien savoir,il avait même entâmé les procédures du divorce.Dans mes recherches je suis tombée sur les coordonnées du Maître Comlan Amangnon (sur le site aujourdhui.com) qui m'a aidé à sauver mon mariage.Nous comptons tout reprendre à zéro.J'attends qu'il me rejoigne à la fin du mois car la réconciliation a bien eut lieu entre nous le weekend dernier grâce aux rituels de retour affectif du Maître Comlan Amangnon que je salue au passage.Je suis très heureuse.

Si vous avez besoin d'une personne de confiance pour un retour affectif, je vous recommande le Maître Comlan Amangnon,un vrai professionnel.Au début il n'a pas hésité à me mettre en contact avec ses anciens clients qui ont confirmés l'efficacité de ses travaux.
Son numéro de téléphone (whatsApp) : +229 97788791
Son e-mail : contact.maitreamangnon@yahoo.com

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