Voile

Morgane, la fille de l'eau sur la Route du Rhum

Publié le 26 novembre 2018
Curieuse de tout, piquée d'écriture. Fan des gens, et surtout des gens bien. Sur le chemin. Directrice @FemininBio.
Partie en mer le 4 novembre avec la Route du Rhum, Morgane arrivera bientôt à Pointe-à-Pitre
Partie en mer le 4 novembre avec la Route du Rhum, Morgane arrivera bientôt à Pointe-à-Pitre
© Benoit Hochard

Fille du célèbre navigateur Philippe Poupon, c’est au tour de Morgane, skipper aguerrie, de se lancer cette année le défi de la Route du Rhum. Son voilier ? Un Class40 sponsorisé par Fleury Michon Bio. Sa touche personnelle ? Un message fort en faveur de la préservation des océans. Go !

Son prénom signifie "qui vient de la mer" en breton. Autant dire que Morgane Ursault Poupon, née en 1986, était prédestinée à son lien à l’eau. À flot depuis l’âge de quatre ans, elle confie ne pas pouvoir rester longtemps éloignée de son élément fondamental. “L’eau qui nous compose, qui fait partie de notre équilibre, à la fois fragile et puissante, mystique et en perpétuel mouvement, qui peut soigner comme tuer… Pour moi l’eau est magique.”

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Une enfance dans les mers du Sud

C’est au début de son adolescence que Morgane scellera ce lien avec la grande bleue qui ne la quittera plus. Deux saisons à naviguer avec son père où elledécouvre la Terre de feu, les Malouines, la Géorgie du Sud. De cesescapades hors de la civilisation elle garde l’image d’une nature préservée, presque sans trace de vie humaine, au contact des animaux sauvages. Otaries, manchots et baleines ont peuplé son enfance.

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Pourtant, elle ne se voit pas suivre les traces de son navigateur de père. Elle veut sauver la planète, exercer un métier utile qui lui permette de voyager. Et puis il y a dix ans, le déclic. Morgane perd sa mère d’un AVC brutal. Le message est clair : plus de temps à perdre, plus d’obligations, vivre ses rêves. Elle devient alors monitrice de voile.

La transat de la Route du Rhum, le rêve d'une vie

Alors, pourquoi ce défi ? “La Route du Rhum, c’est le rêve de tout marin”, nous confie-t-elle dans un sourire. Cette course mythique en solitaire née en 1978 relie une fois tous les quatre ans Saint-Malo à la Guadeloupe. Le 4 novembre 2018 sera donné le coup d’envoi de l'édition des 40 ans de la célèbre transat à laquelle Morgane a choisi de participer, rejoignant ainsi le club très fermé des femmes qui ont osé s’y aventurer, telles que Florence Arthaud ou Ellen MacArthur.

Elle s’élancera dans la catégorie sportive et ambitieuse des Class40 dont les plus rapides mettront 20 jours à rallier l’autre rive. Morgane, quant à elle, vise une arrivée entre 20 et 25 jours, mais surtout une bonne gestion de l’endurance et du sommeil, deux enjeux majeurs de cette épreuve qui compile beaucoup d’éléments forts.

Un message pour la préservation des océans

“Naviguer ne rend pas optimiste, on constate de près l’extinction des espèces, la vulnérabilité des animaux sauvages, l’égoïsme des humains. Nous, pays 'civilisés', commençons à peine à nous poser les bonnes questions, alors imaginez où en sont les pays émergents ! Il faudra plusieurs générations pour que l’on revienne à l’intelligence de la nature.” Mais en aura-t-on simplement le temps ?

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Lorsqu’on demande à cette femme de l'eau ce qui l’a le plus choquée sur l’état de la planète au cours de ses nombreux voyages, elle parle sans hésiter du plastique. “Sur l’eau, on est en telle harmonie avec cette nature puissante qu’on ne peut pas y être insensible. On est au bout du monde, loin de la civilisation, et les côtes sont jonchées de détritus en tout genre.”

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Après des mois de recherches, Morgane a enfin trouvé un sponsor qui lui ressemble avec Fleury Michon Bio. Elle souhaitait avant tout nouer un partenariat qui a du sens et qui porte son message sur la fragilité de notre planète, comme celui déjà mis en place avec l’IAB (Institut de l’alimentation bio) et avec le producteur de Spiruline de la côte bleue, pour son suivi nutritionnel. Elle sait qu’une nourriture de qualité est indispensable dans ce genre d’expérience extrême et que la médiatisation de la Route du Rhum lui donne une responsabilité. “J’ai dit non à un groupe parapétrolier qui aurait assuré la totalité de mon budget. Malgré la difficulté de rester cohérente, je me sens alignée avec mes choix.” Morgane a aussi associé à son défi Audrey Pulvar comme marraine, présidente de la Fondation pour la Nature et l'Homme

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