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Stress et anxiété

Les exercices d'un psychanalyste pour ne pas se laisser submerger par ses émotions

hypersensible confinement
La première émotion à exprimer en ces temps de restrictions est notre révolte, car elle est une émotion de vie, qui booste notre vitalité, nous permet de nous affirmer plutôt que de subir.
Priscilla Du Preez on Unsplash
émotions La tornade des émotions
Saverio Tomasella
Saverio Tomasella
le 21 avril 2020
Cette situation inédite de quarantaine nous met à l'épreuve quant à la gestion de nos émotions. Mais qu'en est-il des hypersensibles, celles et ceux pour qui la sensibilité est plus élevée que les autres ? Saverio Tomasella, docteur en psychologie, nous explique les bons gestes pour réduire l'anxiété.

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Les mesures de restrictions provoquent des contrariétés, des frustrations, des empêchements de déployer nos idées créatives, de vivre nos désirs humains de contact et de rencontre avec nos proches, nos amis, etc. Notre énergie vitale, réveillée par les beaux jours, piaffe sans pouvoir se déployer. La pression augmente inévitablement…

La surcharge affective nous guette, c’est-à-dire l’accumulation pénible de pensées, d’émotions et de sentiments qui nous impliquent directement dans nos relations.

>> A lire sur FemininBio Hypersensible et travail : comment en faire un atout ?

Une foule de questions se bousculent accompagnées d’une très forte charge émotionnelle, Ce trop-plein affectif est d’autant plus difficile à vivre pour les personnes ultrasensibles. Pour elles, les émotions sont plus intenses, sont amplifiées et durent plus longtemps…

Alors, comment éviter d'être surchargé par toutes ces émotions ?

Exprimer sa révolte

La première émotion à exprimer en ces temps de restrictions est notre révolte, car elle est une émotion de vie, qui booste notre vitalité, nous permet de nous affirmer plutôt que de subir.
Nous n’aimons pas être enfermés, surtout avec l’arrivée des beaux jours. Nous avons besoin d’air, de contacts humains, de conversations, de convivialité… Autorisons-nous à dire ou écrire ce qui n’est pas supportable, sinon cela risque de nourrir nos angoisses.
Décharger quotidiennement le trop-plein émotionnel favorise le retour à l’équilibre.

Calmer les angoisses

  • S’asseoir confortablement ou s’allonger, fermer les yeux et prendre le temps de bien respirer, en observant d’abord un moment sa respiration, puis en insistant en douceur sur l’expiration. Par exemple : on souffle lentement pendant 6 secondes, on attend en faisant une pause poumons vides pendant 5 secondes, puis on laisse l’air entrer (sans forcer) pendant 4 secondes. Tranquillement, plusieurs fois de suite, jusqu’à ce que l’angoisse se dissipe.

Faire le tri

Autour de nous, certains fuient les émotions, en banalisant ou minimisant la gravité de la situation. À l’inverse, d’autres semblent avoir besoin d’entretenir leurs émotions et celles de leur entourage. Que nous le voulions ou non, nous sommes soumis à la contagion des émotions, car personne ne peut faire une quarantaine émotionnelle.

Alors trions ! Quelles sont mes émotions ? Quelles sont celles de mes proches ? Quelles sont les émotions relayées par les médias ? Centrons-nous sur nos émotions, évitons de ressasser, de dramatiser, d’exagérer, ou même d’en rajouter et calmons le jeu…

Poser des limites

Pour celles et ceux qui sont très empathiques, trouvez comment dire « stop » à toutes les personnes qui grignotent votre temps et votre énergie.

  • Limitez les temps de conversations téléphoniques.
  • Ne répondez pas à tous les textos et répondez brièvement aux courriers électroniques.
  • Ne cherchez pas de solutions à la place des autres.
  • Osez dire « non » quand vous vous sentez fatigué(e) ou « ça suffit » quand vous êtes débordé(e).
  • Prenez du temps pour vous, pour vous détendre et vous reposer.

Se réjouir des bonnes nouvelles

Certaines formes de solidarité se manifestent spontanément ici et là. Réjouissons-nous ! Dans notre entourage des personnes malades témoignent de leur parcours et de leur guérison : c’est rassurant, encourageant. Remercions-les !
Les applaudissements tous les soirs à 20h dans les rues ou sur les balcons, venant de millions de personnes qui soutiennent le personnel soignant font aussi chaud au cœur…
Le confinement permet de prendre le temps de se parler, enfin : profitons-en ! Même à distance, nous pouvons nous envoyer des ondes positives, de bonnes vibrations, des pensées amicales, de l’affection, du soutien, etc.

Comment réduire l’anxiété ?

Ne passez pas votre temps à lire ou écouter des informations alarmantes. S’informer le matin est une bonne chose (pas plus d’une demi-heure), mais passer sa journée à lire et ressasser les mauvaises nouvelles n’est pas recommandé.

  • Évitez d’alimenter le stress : centrez-vous sur ce qui va bien et a du sens pour vous.
  • Éloignez-vous régulièrement des écrans.
  • Prenez votre temps pour manger.

Vous avez besoin de bouger :

  • Aller vous promener une fois par jour.
  • Pratiquez des mouvements simples de gymnastique, de qi gong ou de yoga…
  • Mettez de la musique, chantez et dansez !

Trouver les bonnes compensations émotionnelles

Nous pouvons compenser chaque sentiment douloureux, chaque émotion difficile que nous venons d’exprimer par une émotion plus favorable, pour trouver une sorte de balance, et ne pas peser trop sur nos proches. Faisons-le de façon légère, comme un jeu.

>> A lire sur FemininBio Hypersensibilité : 4 témoignages de femmes pour comprendre ce trait de caractère

Nous pouvons aussi nous délester en écrivant dans un journal intime tout ce qui nous angoisse, nous pèse, nous agace. Sortons nos albums photos pour cultiver les bons souvenirs et en parler ensemble, etc.

Préférer une alimentation favorable

  • Lorsque l’on est ultrasensible, les excitants sont fortement déconseillés. Il vaut donc mieux éviter les drogues, le tabac, l’alcool, le café, le thé, et même le chocolat en trop grandes quantités. On peut les remplacer par des infusions aux goûts agréables.
  • Manger tôt et léger le soir (surtout des végétaux) favorise un bon sommeil.
  • Les plantes comme la rodhiola, le bacopa, le griffonia, le safran, la mélisse, la passiflore et la valériane apaisent les personnes très sensibles. De même que les huiles essentielles de petit grain, d’orange, de mandarine, de lavande et de vétiver.

Préparer l’avenir

Ainsi, nous pouvons profiter de ce temps de confinement pour imaginer un projet qui nous tient à cœur. Voici venu le moment d’inventer quelque chose de complètement nouveau.
Il ne s’agit plus de se mettre en valeur, mais d’apporter des innovations qui soient bonnes pour tous, qui profitent à tous.
Nous vivons des moments clés durant lesquels le cours de notre existence peut prendre une autre direction… Alors, ne manquons pas ce rendez-vous avec nous-même et avec notre avenir !

L'auteur

Saverio Tomasella est docteur en psychologie et auteur de Ultrasensibles au travail et Attention, coeur fragile ! paru aux éditions Eyrolles.

Saverio Tomasella était l'invité d'Anne Ghesquière au micro du podcast Métamorphose, à l'occasion d'un épisode sur l'hypersensibilité. Ecoutez vite cet épisode !

 

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