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"J'ai pris mes pensées par la main", comment Elisabeth a accompagné son cancer

Après avoir appris qu'elle avait un cancer, Elisabeth, 80 ans, s'est mise à parler à son corps tous les jours pour s'accompagner dans cette épreuve.
© Edu Carvalho/Unsplash
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Nathalie Desanti
Par Nathalie Desanti
le 10 mars 2021

Explorer. Un verbe plein de promesses de découvertes si instinctivement associé à l’idée «d’aller vers», de parcourir, qui invite pourtant aussi à puiser à l’intérieur de soi. Au cœur de ses ressources si puissantes, voici le témoignage d'Élisabeth, 80 ans, aux commandes de son propre navire à travers le corps, la pensée, le souffle.


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Cet article a été publié dans le magazine #33 mars-avril 2021

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S’explorer en quête de ses richesses à portée de pensée, de corps, de souffle. Comme ces marins, parfois pirates, les yeux rivés sur une carte aux trésors, prêts à jouer leur vie pour mettre la main sur leurs rêves d’or. Oui, nous sommes riches d’un coffre intérieur, parfois enfoui, au cœur duquel se mêlent des mots, des respirations, des battements de cœur, des sons, des images. Pour partir à la conquête de nouveaux mondes, pas d’autre navire que celui que nous avons choisi d’incarner : le corps. Pas d’autre vent dans les voiles que notre propre souffle. Pas d’autres paysages que ceux que dessinent nos pensées. Et si l’on suivait un marin, mâtiné d’un pirate, sur la piste de ces trésors des profondeurs pour se sentir autorisée aussi à se connecter à sa puissance intérieure ?

Ô Capitaine, mon Capitaine !

Ce poème de Walt Whitman, composé en hommage à Abraham Lincoln en 1865, subtilement mis en lumière dans Le Cercle des Poètes disparus, exhorte à braver la mort, à voguer contre vents et marées. «Le vaisseau a franchi tous les caps, la récompense recherchée est gagnée.» C’est sûrement ce qu’a ressenti notre capitaine de vaisseau, partie à la reconquête de son corps, de sa vie, sans avoir la moindre notion théorique d’outils thérapeutiques.

Ce capitaine, c’est Élisabeth, 80 ans, notre témoin. Vaillante et joyeuse, cette femme intrinsèquement jeune, habitante d’un corps plus fatigué que son âme, sans jamais avoir étudié ni philosophie, ni psychologie, ni méditation, en joue telle une virtuose. «Quand j’ai appris, il y a dix ans, que j’avais un cancer qui me condamnait et ne me laissait que six mois à vivre, j’ai aussitôt parlé à mon corps, affirme Élisabeth. Je lui ai dit : écoute, depuis près de soixante-dix ans je te respecte, je t’ai toujours fait vivre sainement. Tu ne vas pas me lâcher aujourd’hui ! Tu es mon bateau, nous allons faire équipe pour nous sortir de là ensemble, je te fais confiance.»

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Dès lors, tous les jours, Élisabeth a parlé à son corps. "Je parlais à mon organe touché par le cancer. Cancer que j’ai nommé, afin de ne pas être dans le déni, mais sans jamais dire MON cancer. Il ne m’appartenait pas, je ne faisais pas qu’un avec lui. Il était UN cancer, embarqué dans mon bateau sans y être invité. Après avoir tenté de comprendre pourquoi (je savais que mon corps me transmettait un message), j’ai mis toute mon énergie à le raccompagner vers la sortie.» En se racontant une histoire, Élisabeth a pu occuper sa place de sujet du verbe explorer, de capitaine de son navire.

Le coffre de ses trésors

«Dès ce jour, j’ai pris mes pensées par la main. La peur, la colère, la peine se manifestaient ? Je puisais en moi une pensée positive. Trouver ce qui va bien, au cœur même de ce qui va mal. Trouver la lumière dans l’ombre. Voir et ressentir la puissance de l’image, comme lors de mes séances de chimiothérapie. Je visualisais les molécules dissolvant les cellules cancéreuses. Je remerciais mon corps d’accueillir ces molécules étrangères et de leur faciliter l’accès à mon organe malade. Vaillants petits soldats, j’encourageais mes cellules saines à leur apporter leur soutien. Car la pensée entraîne le corps. Chaque jour regarder intensément le tout petit progrès et le faire grandir. Mon bateau poursuivait sa route, par tous les temps.»

Quant au souffle, Élisabeth le connaît bien. Souvent silencieux, il est si facile de l’oublier ! «Je n’avais jamais pensé à la puissance du souffle jusqu’au moment où il m’a sauvé la vie. Un œdème de Quincke, une respiration presque coupée et la peur. Les yeux fermés, il n’y avait plus que nous deux, mon souffle et moi. Je lui ai parlé, l’invitant à se calmer, à ne faire qu’un avec mon rythme cardiaque. D’abord imperceptible, puis plus hardi, mon souffle est revenu et a retrouvé son rythme."

Ce n’est qu’après avoir raconté cet épisode à son médecin qu’Élisabeth a pris toute la mesure de ce qu’elle venait de surmonter. Après lui avoir dit qu'il fallait appeler le 15, son médecin lui a fait part de sa stupéfaction quant à sa capacité à puiser dans ses ressources intérieures pour traverser la tempête...

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"De ce jour, j’ai pris conscience de mon souffle et de son incroyable puissance. Quand une pensée perturbatrice arrive, parfois en pleine nuit, assortie de palpitations, je ne pense qu’à mon souffle. Il prend alors toute la place, comme un vent favorable enflant la grand-voile. Entraînant dans son sillage un cortège de pensées positives, mon bateau reprend sa route, confiant."

La clé de ses ressources

Explorer, s’explorer, découvrir ce coffre à trésors où le corps, la pensée et le souffle sont les joyaux. Et se sentir à la fois puissante et petite, appartenant à un grand tout. «Je fais partie de l’univers, telle une goutte d’eau dans l’Océan ; et je parle à ce grand tout. Je fais ma part, je lui donne le meilleur de moi et je lui demande sa protection. Pas pour moi, pour nous.», ajoute Élisabeth. S’explorer c’est s’offrir l’opportunité d’accéder à ses ressources, tel un capitaine de bateau qui, équipé de sa carte, de son sextant et de son gouvernail, met le cap sur ses rêves. En chantant dans sa tête, comme Élisabeth. «J’ai toujours chanté dans ma tête, toujours...»

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L'autrice :

Nathalie Desanti est journaliste, autrice, coach et anime le podcast Parents Zen.

(©Horay éditions)

Le livre :

Et un jour j’ai décidé de faire la tortue, Nathalie Desanti, aux éditions Horay-Albin Michel, 2017.

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