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Parentalité

Perception du monde, caractéristiques psychologiques... Que faut-il savoir sur les enfants d'aujourd'hui ?

Pour élever son enfant et lui apporter un environnement sain, il faut avant tout le comprendre. Pour cela, on doit prendre en compte leurs manières de fonctionner et de voir le monde.

Allison Archer/Unsplash
Marie-Françoise Neveu
Par Marie-Françoise Neveu
le 04 juillet 2021

Quel parent d'aujourd'hui ne se trouve pas un jour désemparé face à son enfant ? Pourquoi les méthodes éducatives que nous avons reçues ne sont plus d'actualité ? En comprenant la façon dont ils regardent la vie, nous pouvons porter un regard différent sur nos enfants, et les accompagner au mieux dans leur réalisation.


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Magazine #34 FemininBio
(©DR)

Cet article a été publié dans le magazine #34 mai-juin 2021
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De plus en plus d’enfants, d’adolescents, de jeunes nous interpellent et nous déroutent. Ils ont une « manière d’être au monde » totalement différente de ce à quoi nous étions habitués.

Qui sont-ils ? Quelles sont leurs spécificités ?

Afin de répondre à ces questions je vous propose de prendre une image : la Tour Eiffel !

Maintenant imaginons que nous la transformions en tour d’habitation. Ainsi des personnes habitent à chaque étage. Que voient les personnes habitant au rez-de-chaussée et celles au 3ème étage ? Toutes ces personnes habitent à Paris et regardent Paris de leurs fenêtres, mais voient-elles le même Paris ? Non. Examinons cela de plus près.

Que voient les personnes du rez-de-chaussée ? Des passants avec leurs spécificités (sexe, taille, âge, habillement…), des voitures dont elles peuvent voir la couleur, la marque, la « tête » du chauffeur, des plates-bandes avec des fleurs de différentes couleurs… soit un certain nombre de détails leur permettant de se créer une image mentale. Elles voient donc des choses concrètes, des actions qui se déroulent dans le temps, des éléments qu’elles peuvent analyser et en tirer des synthèses.

Quant à celles habitant au 3ème étage, que voient-elles ? Elles ont une vue panoramique, une vue d’ensemble, globale. Ce sont des images dont elles s’imprègnent. Aucun détail, aucune action se déroulant dans le temps, que de « l’impression ». Les détails n’étant pas perçus ils n’existent pas.

Imaginons maintenant qu’une personne du rez-de-chaussée et une du 3ème étage se rencontrent et parlent de ce qu’elles voient de leurs fenêtres. Que va-t-il se passer ? Elles ne se comprendront pas. Bien que regardant chacune Paris elles ne le regardent pas sous le même angle et voient ainsi des choses qui semblent totalement différentes.

C’est exactement ce qui se passe avec tous les enfants « actuels », ils ne perçoivent pas le monde sous le même angle.

>> A lire aussi : Comprendre les enfants à haut potentiel

Qu’est-ce que cela implique ?

En mode « pied de Tour Eiffel » le fonctionnement naturel peut se résumer ainsi : concret, logique, rationnel, analyse/synthèse, linéaire.

En mode « 3ème étage de la Tour Eiffel » : intuition, sensibilité, créativité, pensée en images et en arborescence, sens du sacré (qui n’a rien à voir avec le religieux).

Nos 2 hémisphères cérébraux partageant les mêmes spécificités, à partir de maintenant, je parlerai de «cerveau gauche» pour le mode « pied de Tour Eiffel » et « cerveau droit » pour le mode « 3ème étage » ; tout cela sans aucun jugement de valeur, l’un n’est pas mieux que l’autre, ce sont 2 aspects différents.

Incarnation/ancrage

Pour l’enfant « cerveau droit » ou « actuel » le « connu » est « le ciel » (pensée, conscience, intuition…) et tout ce qui concerne le concret, le logique, le matériel, les détails, le temps… n’existe tout simplement pas.

Pour l’enfant « cerveau gauche » c’est exactement le contraire.

Pour les enfants « actuels » l’incarnation, l’ancrage à la Terre est loin d’aller de soi. Pour eux Terre/incarnation égal danger, égal peur, égal insécurité. Très souvent ils n‘ont pas du tout envie de se lancer dans l’aventure. A nous de leur en donner envie. Pour cela il est essentiel de leur montrer que, certes il y a des choses pas drôles sur Terre, des gens pas sympas, mais qu’il y a beaucoup plus de belles choses, de gens sympas et que « ça vaut le coup » de s’y investir. Avec le contexte actuel, en particulier la crise sanitaire, il nous faut être particulièrement crédibles et convaincants.

La pratique des sports de glisse (patins à roulettes/glace, roller, ski …) peut être une bonne aide à l’ancrage. Contrairement à la marche, les sports de glisse leur apportent fluidité, légèreté et les ancrent à la terre, souvent à leur insu. De même les activités dans la nature et avec les animaux sont à valoriser.

Caractéristiques psychologiques

  • Hypersensibilité : beaucoup d’enfants «actuels» sont dits hypersensibles. Loin d’être une faiblesse voire un défaut c’est au contraire une énorme richesse. L’enfant hypersensible est ce que j’appelle «un enfant au grand cœur», il est tout amour. Tout ce qui est de l’ordre du non amour, du mensonge, de l’incohérence, de l’injustice lui est totalement incompréhensible et peut le mettre dans un grand état de détresse. Il convient de le prendre très au sérieux tout en l’accompagnant vers plus de confiance en lui.
  • Hyperactivité : ce n’est pas une pathologie en soi mais le symptôme de dysfonctionnements physique/physiologique/psychologique. Les causes peuvent en être :
    - intolérance au gluten et aux produits laitiers, intolérance aux phosphates et autres additifs contenus dans bon nombre d’aliments industrialisés, consommation en excès de sucre, de viande rouge …
    - 50 idées à la seconde : tout va très vite dans leur tête, ne prennent pas le temps de se poser car sans intérêt
    - ennui, doués d’une curiosité et d’une avidité de connaissances sans bornes ils ne se sentent pas suffisamment «nourris».
    - insécurité, souvent dès leur naissance, par incompréhension du monde et de son fonctionnement.
  • Addictions : des addictions de toutes sortes peuvent apparaître (écrans, alcool, joints, conduites à risques…), elles sont toujours le signe d’un « mal de vivre » important, d’un refus plus ou moins important du réel. Un lien intolérance gluten/produits laitiers et addictions apparait souvent dans ma pratique clinique.

Caractéristiques cognitives

Aborder les apprentissages scolaires ne se fait pas du tout de la même façon selon que l’enfant est en «mode rez-de-chaussée» ou en « mode 3ème étage ».

Prenons 1 rond et 1 bâton. Avec ces 2 éléments, en « mode pied de tour Eiffel » je peux faire 4 lettres : p b d q.

En mode 3éme étage, dans le meilleur des cas le rond et le bâton sont à peu près perçus mais absolument pas leur position relative ; les 4 lettres ne sont alors pas différenciées, « c’est la même chose », de même, perçues du « 3ème étage » p b d ne sont phonétiquement pas différenciées. Cela conduits à un certain nombre de symptômes «dys…».

En calcul l’enfant lit l’énoncé et donne la réponse. Il ne peut la justifier car la réponse EST.

Ils pensent en images, en arborescence, tout va très vite dans leur tête et de ce fait ils s’ennuient très souvent. Pas assez « nourris » intellectuellement ils peuvent décrocher sur le plan scolaire, devenir cancre avec un potentiel de surdoué.

Apprendre une leçon par cœur (sauf les poésies) leur est impossible, ils racontent la leçon, l’expliquent … mais avec leurs mots à eux.

En un mot ils nous déroutent mais ils sont NORMAUX. Ils sont juste les précurseurs d’un monde en devenir. Afin de les accompagner au mieux il nous faut nous libérer de toutes nos croyances, de tous nos conditionnements, devenus, pour la plupart, totalement obsolètes.

Notre experte :

(©Editions Exergue)

Marie-Françoise Neveu est psychologue clinicienne et psychothérapeute holistique.

Son dernier livre, Accompagner les enfants "actuels" et à venir, est paru aux éditions Exergue.

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