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"Ne pas s'ancrer, mais essayer de naviguer dans le sens du vent" le bilan positif 2020 de Grégory Pouy

Analyste culturel, auteur du podcast Vlan ! et du livre Insoutenable Paradis, Gégory Pouy nous aide à accepter les transitions et à les adoucir, à voir en elles une chance. Dans son bilan, il fait état d'une compréhension et d'une prise de conscience générale, exaltée par la crise du coronavirus. C'est une invitation à se laisser porter par le changement et à accepter les chamboulements dont nous sommes les sujets, qu'il partage dans "Positive 2020". Merci cher Grégory !


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Qu'allons-nous retenir de cette année 2020 particulièrement forte en énergies ? Afin d'aborder 2021 dans les meilleures dispositions, nous avons proposé à nos figures d'inspiration de partager avec nous tout le positif qu'elles retiendront de cette période chamboulée.

Grégory Pouy est analyste culturel. Il accompagne les grands groupes dans l'intégration des mouvements de société à leurs stratégies. Il est également l'auteur du podcast Vlan!

FemininBio : Quel est ton bilan positif de 2020 ?

Grégory Pouy : La crise sanitaire qui nous a frappé est, pour moi, la première expression de nos modes de vie : globalisation, peu d'intérêt pour la vie des animaux sauvages, mélanges douteux...

En cela, c'est positif car cela va nous contraindre à changer radicalement nos manières de faire. Consommer plus local par exemple. Ce n'est qu'un début et cela annonce la mise en place d'une nouvelle ère que j'appelle de mes voeux.

Aussi, je constate que cette année à mis un coup d'accélérateur à 4 choses principalement.

D'abord la compréhension que le lien est plus important que le bien et qu'il s'agit surtout de trouver son ancrage en soi mais également dans les personnes autour de soi, que ce soit ses ami.e.s, sa famille ou les commerçants de proximité.

Ensuite, cela a révolutionné nos modalités de travail et je ne crois pas à un retour en présentiel à 100%. L'expérience nous a prouvé que ca fonctionnait alors que beaucoup de patrons de société pensaient que les employé.e.s ne travailleraient pas s'ils restaient chez eux. Cela est positif à plusieurs égards : d'abord parce que cela permet de rééquilibrer vie professionnelle et vie personnelle, cela génère moins de stress lié aux transports parfois longs et moins de temps perdus et évidemment moins de pollution liée au transport quotidien.

Par ailleurs, et c'est le 3ème élément, nous avons pris conscience de la faune autour de nous, on s'est extasié de voir des animaux sauvages au milieu de centre villes et plus largement, les animaux ont repris un peu de pouvoir. On a pu le voir cet été avec les guêpes en particulier. Dis autrement, que ce n'est pas un animal au milieu d'une ville mais bien une ville au milieu d'un habitat naturel. Cette prise de conscience est essentielle pour le futur, je crois.

Enfin 4ème élément, il est rentré dans l'inconscient collectif qu'il y avait un "monde d'avant" et qu'il y aura un "monde d'après", on se prépare au grand chamboulement.

Si tu avais une baguette magique et que tu pouvais l’utiliser dès aujourd’hui, que ferais-tu ?

J'aimerais sans doute que nous n'ayons pas à traverser les 10/15 années à venir de transition qui vont être très mouvementées. En fait, idéalement, j'aimerais que tout le monde accepte cette nouvelle ère et ne résiste pas car ce sont ces résistances qui risquent de nous faire souffrir et surtout faire souffrir les personnes les plus vulnérables. L'argent étant une croyance, la crise sanitaire a prouvé qu'on pouvait en créer autant qu'on le souhaitait, j'aimerais que cet argent serve à la transition vers ce nouveau monde plutôt que d'essayer de maintenir le monde d'avant. Il faut accepter sa mort.

Si tu devais retirer une clé de compréhension majeure qui s’est révélée à toi cette année, ce serait quoi ?

C'est très personnel, mais j'ai moi aussi été chamboulé par ces changements et cette instabilité. J'ai, moi aussi, cherché des ancrages pour finalement comprendre qu'il fallait improviser, être le plus fluide possible, ne pas faire de resistance. L'ancrage doit se trouver en soi et dans son lien aux autres.

Comme dirait un marin, si vous êtes en bateau par gros temps, il ne faut surtout pas s'ancrer mais essayer de naviguer dans le sens du vent autant que possible.

C'est ce que je vais essayer faire.

Une astuce pour ne pas céder à la peur / le stress ambiant ?

Comme pour des montagnes russes, nous venons de finir la montée et nous entamons la descente, elle est raide et plus que cela, ça ressemble à space mountain, nous sommes dans le noir avec une incapacité à savoir ce qui va se passer. Je comprends la peur et il faut l'accepter avant toute chose je crois, la reconnaitre. Mais ensuite il faut bouger, se déplacer, être fluide même si ce sont des mouvements imparfaits.

Et ne pas oublier que l'effondrement devant nous est souhaitable car ce système est mortifère. Nous avons besoin, pour ne pas avoir peur, d'avoir une vision désirable peut être et la réalité, c'est que la nouvelle ère dans laquelle nous nous dirigeons qui est plus féminine, plus centrée sur le chamanisme, plus dans le slow est bien plus souhaitable car elle va dans le sens de notre bien-être même si dans la bataille nous perdrons un peu de bien vivre.

As-tu envie de partager une phrase, un mantra, un rituel, une pratique ou autre pour bien finir l’année ?

Je crois que la méditation est essentielle dans cette période, elle va permettre à chacun.e de trouver l'ancrage en soi mais aussi la foi d'un monde meilleur à venir.

Nous ne sommes pas tout.e.s logé.e.s à la même enseigne et certain.e.s souffriront plus que d'autres des chamboulements passés et à venir.

Dès lors, pour reprendre les mots de Frédéric Lopez sur mon podcast quand il rencontrait des personnes dans la précarité la plus totale, "la seule chose qui leur permettait de rire tous les jours, c'est la certitude qu'ils n'étaient pas seuls, que ceux qu'ils aiment les aideraient si la vie devenait trop dure".

Il faut chérir ses liens amicaux et/ou familiaux autant que possible.

Insoutenable Paradis - Grégory Pouy
(©Edition Dunod)

Grégory Pouy est l'auteur d'Insoutenable Paradis, paru aux Editions Dunod et du podcast Vlan!

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