Film

La Particule Humaine avec Jean-Marc Barr : au coeur des semences modifiées

Publié le 8 octobre 2018 - Mis à jour le 15 novembre 2018
Curieuse de tout, piquée d'écriture. Fan des gens, et surtout des gens bien. Sur le chemin. Directrice @FemininBio.
Jean-Marc Barr seul face à la fin du monde
Jean-Marc Barr seul face à la fin du monde
© La Particule Humaine

La Particule Humaine est un film d'auteur au genre inclassable. Dans le rôle principal, on retrouve Jean-Marc Barr (Le Grand Bleu) chercheur en génétique sur les semences modifiées, en quête d'une solution pour restaurer la vie sur Terre. Visionnaire, dérangeant, bouleversant, nous ne pouvons que vous le recommander.

Le synopsis de "La Particule Humaine" : 

Dans un futur proche, un brusque changement climatique conduit la vie sur Terre vers son extinction. Dans ce nouveau monde aux frontières redessinées, les populations sont parquées dans des camps en attendant de pouvoir intégrer les villes fermées par des boucliers magnétiques. Le chemin du professeur Erol Erin (Jean-Marc Barr), ingénieur en génétique spécialiste des semences, va croiser, dans la région des Terres Mortes, celui du scientifique Cemil Akman (Ermin Bravo), un homme étrange qui a choisi de tourner le dos à la vie moderne. Le voyage qu’ils vont entreprendre, à la recherche de nouvelles graines qu’ils pourront faire germer, va bouleverser tout ce qu’Erin a connu jusqu’ici...


Recréer le vivant manipulé 

Si le genre cinématographique de la dystopie a le vent en poupe, en voici une qu'on n'attendait certainement pas. La Particule Humaine, du réalisateur turc Semih Kaplanoğlu (Away from home) explore la problématique complexe des semences génétiquement modifiées et ses questions éthiques. Dans ce futur dérangeant tant il nous semble à nos portes, les graines ont totalement disparues à force de manipulations. En ville, la nourriture est entièrement artificielle. Le chercheur-généticien, incarné à la perfection par Jean-Marc Barr, se met en quête de celui qui avait prédit cette tournure dramatique pour la survie de l'espèce humaine. Voici pour les quelques plans-séquences de départ. 

La fin du monde, la quête de soi 

La réalisation pointue de Kaplanoğlu, se charge du reste. Le film en noir et blanc nous plonge immédiatement dans ce monde qui a perdu son essence. Les paroles sont rares et les mots choisis. Les plans longs nous font réaliser à quel point nous fonçons dans un mur à vive allure, ce mur qui sépare d'ailleurs les "mondes" dépeints dans La Particule Humaine. Enfin le rythme lent nous invite à partager l'errance de ces deux hommes, à s'arrêter, à prendre le temps d'enfin voir cette réalité en face. Nous voilà loin, très loin de la science fiction futuriste à grand spectacle. 

Quelle éthique pour l'être humain ? 

Pour autant le message n'en est que renforcé : on ne peut pas recréer la vie à partir de rien. Dans le film, "La Particule M", celle qui sous tend toute forme de vie, la mémoire commune de l'univers, a disparu des graines et de tous les organismes vivants, y compris des hommes. C'est finalement à une quête intérieure que le héros et le spectateur sont invités, face à des questions tant éthiques que philosophiques. "C’est parce que nous avons perdu de vue notre propre nature que nous perdons le contact avec l’essence même de l’humanité. Et tout le mal que nous causons à la nature se répercute sur l’espèce humaine." partage le réalisateur turc dans une précédente interview. 

Une chose est sûre, on ne ressort par indemne de La Particule Humaine. 

La Particule Humaine, de Semih Kaplanoğlu avec Jean-Marc Barr. En salle le 10 octobre 2018. 
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