Témoignage

Témoignage: «J’ai arrêté le shopping, le parfum et les restos... Et je m’en porte bien!»

Publié le 17 février 2017
La slow consommation, pour s'épanouir plus librement?
La slow consommation, pour s'épanouir plus librement?
© Unsplash.com/Ashim D'Silva

Après lecture de Zéro Déchet, de Béa Johnson, Angélique a entamé un mode de vie slow, faisant quasi-table rase de shopping, restos et autres futilités matérielles en tout genre...

Angélique a 31 ans et vit dans l’Oise, à 60 km de Paris. Il y a plus de deux ans maintenant, elle décidait de changer de vie. Exit le parfum, le shopping et les restos, elle a fait le choix de se recentrer sur l’essentiel. Une décision qui n’a pas été simple mais qui aujourd’hui, la comble de bonheur. 

Le déclic pour Angélique : le livre Zéro Déchet de Béa Johnson 

"En 2014, j’ai lu Zéro Déchet , le livre de Béa Johnson, une Française installée aux Etats-Unis qui prône un mode de consommation sans déchet et se demande si le fait de posséder rend heureux. C’est là que j’ai décidé de vraiment changer de mode de vie. J’avais déjà amorcé le changement en 2012 en bannissant de ma salle de bain tous les cosmétiques industriels pour des produits bio ou des préparations maison. Puis en avril 2014, après avoir lu un article sur la viande et son origine, je décidais de devenir végétarienne. Ça a été un électrochoc ! J’ai étendu mes recherches aux produits laitiers et à tous les produits d’origine animale et quelques mois plus tard, j’optais pour un régime végétalien. Je consommais trop de plats préparés ou de produits transformés. En changeant mon mode d’alimentation, j’ai commencé à cuisiner et à acheter beaucoup moins de denrées industrielles". 

"Après  Zéro Déchet , j’ai également décidé d’arrêter le shopping. J’ai fait le tour de ma garde-robe et le point sur ce qu’il me manquait. J’ai profité des soldes d’été pour acquérir quelques basiques. En deux ans de politique “zéro shopping”, j’ai seulement acheté deux, trois pantalons chez Bonobo, une marque de vêtements éthiques, car avec mon changement de régime alimentaire, j’ai perdu du poids. C’est la transition qui est délicate car nous avons toujours été habitués à consommer à outrance. Quand je voyais mes copines arborer fièrement sur Facebook leur butin de soldes, ça suscitait chez moi des envies de nouveautés mais j’ai réussi à passer au-dessus. Aujourd’hui, moins je traîne dans les boutiques, mieux je me porte ! J’ai aussi arrêté de porter du parfum. Les senteurs que l’on trouve dans le commerce sont toutes testées sur les animaux et contiennent très peu d’ingrédients naturels. Il y a quelques années, je n’aurais pas osé sortir sans parfum. Aujourd’hui, je n’y pense même plus. Il existe bien quelques parfums vegan mais je ne suis pas convaincue par leur odeur. Du coup, le samedi après-midi, je ne cours plus dans les centres commerciaux".

Le goût des choses simples

"J’ai du temps que je consacre à des activités plus constructives: cuisiner ou jardiner par exemple. Avec mon nouveau mode de vie, j’avais besoin d’être plus proche de la nature, de l’essentiel alors il y a deux ans, mon compagnon et moi avons acheté une maison dans un petit village. Pour l’aménagement, nous avons fait simple, je me suis séparée de tous les meubles inutiles et lorsque nous avons besoin de quelque chose, on l’achète sur le Bon Coin et on le retape à notre goût. Il n’est pas rare que mes amis me félicitent sur mon mobilier. C’est extrêmement gratifiant de fabriquer les choses soi-même".

"J’ai ce même rapport avec la nourriture. Désormais je n’achète plus que des produits bruts dans un réseau de distribution bio et pour les fruits et légumes, je participe à des cueillettes ​dans les champs voisins. Quand je mange une pizza, je l’ai préparée de A à Z. J’ai pétri la pâte, préparé la sauce... Depuis que je sais exactement ce que je mange, j’apprécie encore plus mes repas. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai arrêté d’aller au restaurant, à l’exception de mes déplacements à Paris et de mes voyages. Même lorsque je trouve un restaurant vegan, je n’ai aucune certitude sur l’origine du produit. Et puis finalement avec mon compagnon, on adore se faire plaisir à la maison en s’offrant de délicieux ingrédients".

Une vie sociale toujours active 

"Mon mode de vie slow consommation n’a pas impacté notre vie sociale. Mon entourage me comprend et puis je ne suis pas là pour faire de la propagande. La plupart de mes amis mangent de la viande, font régulièrement du shopping, je ne les jugent pas. Comme nous ne fréquentons plus les bars non plus, je les invite très souvent à la maison. Seule ma mère a eu un peu de mal à comprendre mes choix. Pour elle, consommer moins, c’était effectuer un retour en arrière. Par exemple, elle ne comprenait pas qu’à Noël j'emballe les cadeaux dans du papier journal. Et puis elle a fini par s’y habituer. Je crois même que ma politique “zéro shopping” m’a permise de me rapprocher de ma famille. Pour les anniversaires et les fêtes de fin d’année, je n’offre plus de biens matériels mais plutôt des places de théâtre ou d’opéra, ce qui nous permet de partager un moment ensemble. Toutes ces sorties, je peux me les permettre car en trois ans, j’ai fait d’importantes économies. Quand je regarde mon compte en banque à la fin du mois, je suis toujours étonnéede voir ce qu’il me reste. Ça nous a permis, à mon compagnon et moi, de faire de beaux voyages".

Un changement de vie radical

"En octobre 2015, j’ai lancé mon blog "Glam & conscious" pour montrer que l’on pouvait vivre de manière épanouie sans le shopping, le parfum et les restos... Les lecteurs viennent et piochent quelques idées comme la recette de la lessive maison qu’ils reproduisent chez eux. J’ai rencontré de nombreuses personnes grâce au blog ou lors d’événements, à tel point que j’ai parfois l’impression que tout le monde vit comme moi. Nous ne sommes peut-être qu’une poignée de personnes à avoir adopté ce mode de vie mais ce qui est sûr, c’est que je suis plus heureuse aujourd’hui que je ne l’étais il y a cinq ans. J’ai arrêté d’avoir, pour être. A partir de la semaine prochaine, je change même de boulot et j’entame une formation de naturopathe".

Propos recueillis par Jill Cousin.

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