Cycle

Comment se mettre en harmonie avec son cycle en hiver?

Publié le 12 janvier 2017
Créatrice d’Entente Féminine, Jacqueline Riquez a une passion, "aider la femme à fleurir et à s’épanouir". Fascinée par le cycle féminin, formée par Alexandra Pope et Miranda Gray, elle poursuit cette voie et élabore sa vision d’un cycle intérieur, reflet des saisons et de la nature, à travers des stages et des formations. Elle est également sculptrice, peintre et maman.
© Pexels

L'hiver est une saison propice au temps pour soi. Pourquoi ne pas y voir un parallèle avec notre cycle ? Au moment de nos lunes, nous cherchons souvent du calme. Et si on en faisait une force ?

En tant qu’humains, nous avons quasiment perdu le sens de ce que c’est de nous préparer pour l’hiver. À l’exception de ceux qui doivent changer les pneus de leur voiture ou commander de quoi se chauffer, il n’y a pas grand-chose à prévoir : les rayons du supermarché sont aussi achalandés en janvier qu’en juillet et appuyer sur l’interrupteur d’un convecteur n’exige pas de préparation. Pourtant, il y a 100 ans – sans parler des 199 900 années précédentes de l’histoire de l’humanité– celui qui ne se préparait pas pour l’hiver risquait fort de ne pas le passer.

Ce n’est pas parce que notre façon de vivre a changé que nos instincts ont suivi. Nous restons tributaires des cycles de la nature, rien que nos garde-robes en témoignent. Or nos vies modernes occultent et évincent ces élans instinctifs. Pour beaucoup, l’alimentation varie peu au fil des saisons. Notre culture vénère la linéarité, l’importance d’être toujours performant, toujours productif, toujours en forme: les métiers modernes l’exigent.

Pour les femmes en particulier, cette linéarité peut être vécue comme une violence car dès notre adolescence, la nature cyclique se manifeste en nous. Nous sommes traversées par des vagues d’hormones, souvent accompagnées par des marées d’émotions et des flots de changements physiques. Avez-vous remarqué des humeurs en dents de scie ou votre nature changeante ? Des variations subtiles ou prononcées dans vos appétits ou vos envies ? Un désir de compagnie quand quelques jours auparavant vous aviez juste envie de vous retrouver seule ? Pire encore, est-ce que quelqu’un d’autre vous a fait remarquer que vous n’êtes pas la même femme d’une semaine à l’autre ? Cessez de vous interroger ou de blâmer votre manque de constance : vous êtes tout simplement un être cyclique, pas si différente de la Lune : pleine, vide puis à nouveau pleine.

Entendons-nous bien, accepter notre nature cyclique n’est pas une façon de nous déresponsabiliser ! Au contraire, quand nous arrivons à reconnaître les énergies qu’apportent les différentes phases du cycle, nous ouvrons la possibilité de nous accepter dans notre variabilité – nous agrandissons le champ de notre responsabilité personnelle. Avec la conscience du cycle comme outil, nous pouvons arrêter de nager contre le courant et de gaspiller nos énergies, pour plutôt apprendre à nous en servir à bon escient.

Chaque saison a son corollaire dans les phases du cycle et l’hiver trouve son écho dans la menstruation. Nous avons appris que cette saison était synonyme de la mort dans la nature. Mais la vie est bien là, sous la surface : les plantes et les arbres développent leurs racines. De la même manière, dans notre corps, une régénération profonde et intense nous prépare pour la résurgence d’énergie que le printemps demandera. L’hiver et la menstruation sont des temps propices à la réflexion, à l’intériorisation. Des temps pour nous occuper d’être plutôt que defaire. Vivre sa menstruation pendant l’hiver va donc intensifier notre ressenti des deux phases et écouter cet appel au repos deviendra primordial.

Le cycle féminin est un témoin extraordinaire de la nature en nous : le vivre en conscience nous donne un sentiment de connexion à elle mais surtout nous permet un alignement avec nous-même qui entraînera plus d’harmonie avec l’entourage. Encore mieux, en étant présentes aux énergies du cycle, de nombreuses femmes témoignent que leurs symptômes physiques s’en vont.

Nous ne pouvons pas arrêter nos vies, c’est clair. Au travail, notre patronne comprendrait pas nos absences mensuelles et à la maison, nos enfants trouveraient pour le moins étrange que nous suspendions nos fonctions maternelles. Mais comment faites-vous si vous organisez une fête chez vous ? Vous ne déménagez pas pour avoir plus d’espace. Non, vous enlevez tout ce qui n’est pas nécessaire et vous poussez les meubles.

Faites de même pendant vos temps de Lunes. Comment "pousser les meubles" dans votre vie afin de créer un peu plus d’espace autour de vous-même quand vos énergies et celles de la saison sont basses ? Comment alléger votre planning pour mieux vous respecter ? Pourriez-vous recevoir du monde à la maison la semaine d’après, par exemple ? Est-ce vraiment essentiel de laver les rideaux cette semaine-ci ? La beauté du cycle, c’est que si nous nous reposons quand notre corps le demande, au moment de la pré-menstruation et de la menstruation, nous aurons de l’énergie à revendre quinze jours plus tard. Il y a beaucoup de culpabilité chez les femmes à l’idée de lever le pied, de faire moins, de ne pas "assurer". Nous peinons à nous défaire de cette pression culturelle et sociale d’être performantes. Rassurez-vous, vous ferez tout autant de choses, mais en variant votre rythme pour faire plus quand vous avez l’énergie et moins quand elle vous quitte.

Voici quatre pistes simples pour mieux vivre l’hiveren tant que saison et dans notre corps au moment de la mestruation : 

1. Permettez-vous de dormir plus – nos besoins de sommeil sont plus importants en automne/hiver et pendant la menstruation.

2. Essayez de faire moins – permettez-vous deflâner et de rêver, puis visualisez ce temps comme un moment où vous rechargez vos batteries pour mieux préparer la suite.

3. Trouvez-vous des temps de solitude, même s’il s’agit de dix minutes enfermée dans votre chambre, et profitez de ce temps pour ne rien faire.

4. Écoutez vos besoins avant ceux des autres – c’est dur, je le reconnais, mais dans un premier temps au moins, donnez-vous la possibilité de temporiser : "Je veux bien vous aider mais plutôt la semaine prochaine" est une phrase à apprendre par cœur !

La prochaine fois que vous regardez les prévisions météo, les annonces de la neige, du verglas et des tempêtes, prenez un instant pour consulter votre météo interne: reconnaissez que le temps qu’il fait à l’intérieur de vous-même a un impact sur votre vie. Votre cycle veut bien vous guider si vous êtes prête à écouter ses conseils.

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