Pleine conscience

Colère, peur, honte... Je n'assume pas mes émotions

Publié le 22 janvier 2019
Diplômée en théologie, psychothérapeute et conférencière, Ilse Sand est spécialisée dans l’accompagnement des personnes sensibles. Elle est l’auteure d’Hypersensibles, apprendre à s’aimer soi-même pour être heureux, Hypersensibles, comment gérer au mieux les situations du quotidien et Hypersensibles, le labyrinthe des émotions. Ses ouvrages sont traduits dans plus de huit langues.
L'exercice est simple, assumez vos désirs, et vous parviendrez à garder le contrôle sur vos émotions
L'exercice est simple, assumez vos désirs, et vous parviendrez à garder le contrôle sur vos émotions
© Raychan / Unsplash

Vous perdez facilement le contrôle de vous-même face à une situation ? La gestion de vos émotions reste une épreuve et vous ne parvenez pas à décerner leurs origines ? La conférencière Ilse Sand nous dévoile ce que l'on devrait savoir sur nos émotions quand on est toujours à fleur de peau, dans son nouvel ouvrage Hypersensibles.

La méditation ne vous aide pas toujours à contrôler votre colère et vos angoisses, il vous en faut plus pour vous apaiser. Dans son livre Hypersensibles, l'amour et les relations aux autres, la psychothérapeute Ilse Sand vous guide vers un chemin de plénitude qui passe par l'acceptation de ses émotions. Voici un extrait de son ouvrage riche en conseils.

Savoir exactement ce que l’on ressent est d’une grande aide pour naviguer dans la vie tout comme dans les relations humaines. Mais que signifie avoir pleine conscience de l’émotion ressentie sur le moment  ?
S’il s’agit d’émotion en pleine conscience, on la ressent sur trois plans * : celui de l’esprit, à travers le corps et sous forme d’une impulsion (d’un désir).
 

Ce que l'on ressent quand on est angoissé :

- En ce qui concerne notre corps, nous remarquons par exemple que nous tremblons
- L’impulsion peut se traduire par le désir de partir en courant 
- Grâce à notre esprit, nous savons que nous avons peur. 

Ce que l'on ressent quand on est en colère :

- En ce qui concerne notre corps, nous remarquons que nous avons chaud et peut-être que nous avons l’impression de trembler  
- L'impulsion peut par exemple se traduire par le désir de frapper 
- Grâce à notre esprit, nous savons que nous sommes en colère.

Ce que l'on ressent quand on éprouve de la joie  :

- En ce qui concerne notre corps, notre ventre frémit  
- L’impulsion peut se traduire par le désir de se mettre à chanter 
- Grâce à notre esprit, nous savons que nous sommes contents.

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Par autodéfense, il se peut que l’on ait supprimé l’un de ces domaines d’expression. Certaines personnes ne prêtent pas du tout attention à leur corps et ne ressentent essentiellement les choses que dans leur tête.
D’autres ont du mal à cerner leurs propres émotions. Et d’autres, enfin, ne discernent pas leurs désirs. Dans mes séances de psychothérapie, je remarque que c’est souvent l’impulsion, le désir immanent d’une émotion, qui est inconsciente.

Beaucoup de honte peut se mêler à ce type d’émotion. Si, par exemple, l’on ressent le désir de se blottir sur les genoux de son chef et de lui demander de vous consoler ou si l’on désire faire des avances à quelqu’un de trente ans plus jeune que vous ou de déjà pris, on peut ressentir de la confusion ou de la honte. Il est souvent tentant de chasser ou de nier de tels désirs.

Certaines personnes ont peur de ne pas pouvoir s’empêcher de les réaliser, si elles s’accordent la permission de vivre à fond de tels désirs. Mais ressentir un désir et accepter le fantasme qui l’accompagne n’est pas du tout dangereux. En effet, plus l’on assume ses désirs ou souhaits, moins il y a de risques de perdre le contrôle et d’en venir à faire quelque chose que l’on regrettera par la suite et qui apportera de la honte. Le désir inclus dans la colère peut naturellement sembler effrayant à admettre – surtout si la colère est violente. Si l’on désire détruire ce qui touche un
autre ou lui faire mal, ce désir peut être accompagné d’un puissant sentiment de culpabilité.

Ce n’est pas la peine de se sentir coupable puisque l’on ne maîtrise pas ses propres désirs. On ne peut pas décider qu’ils s’éloignent. On peut les nier le plus possible mais cela n’en sera pas moins dangereux, bien au contraire. Il n’y a pas à se sentir coupable de ce sur quoi on n’a aucune influence. Dans mon livre Hypersensibles. Apprendre à s’aimer soi-même pour être heureux, on trouve plus d’informations sur le fait que la culpabilité suppose la maîtrise de la situation.

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Ne craignez pas vos émotions

Dans le domaine émotionnel, il est préférable de lâcher prise et d'accueillir l’émotion en pleine conscience dans ses trois domaines d’expression. On découvrira alors que l’émotion n’est pas dangereuse en elle-même. Nous avons le pouvoir de décider si nous allons concrétiser ce désir – et nous pouvons choisir de le faire si notre conscience nous y autorise, ou d’y renoncer parce que c’est trop honteux. Analyser ces impulsions peut fournir des informations utiles. Si quelqu’un a envie de frapper une autre personne, c’est souvent parce qu’il se sent lui-même « frappé  » par la personne en question. Savoir cela peut aider à mieux se connaître.

Quand l’on parvient à ressentir l’émotion dans les trois domaines, on perçoit l’émotion en pleine conscience et l’on est proche de son moi intime. Il est cependant possible que l’émotion ressentie soit secondaire et dissimule une autre émotion qui révèle encore mieux ce que l’on éprouve à cet instant – et qui pourra amener encore plus près de soi, si on l’accueille.

La colère pour dissimuler la crainte

Prenons l’exemple de la colère qui couvre la peur. Le père qui réprimande sa fille adolescente parce qu’elle rentre à la maison le soir avec une heure de retard par rapport à l’heure convenue est vraisemblablement plus inquiet que furieux, bien que ce soit la colère qu’il ressente et exprime sur le moment. S'il accorde le droit d'avoir eu terriblement peur, d’avoir été incapable de trouver le sommeil dans son lit pendant qu’il l’attendait, il s’approchera au plus près de sa vérité intérieure. Et plus près de sa fille, s’il a le courage de le lui dire. Beaucoup d’entre nous accordent plus facilement une place à la colère plutôt qu’à la peur ou à l’insécurité, par exemple.

*Si l’on ne peut pas ressentir l’émotion sur les trois plans, ce n’est pas forcément à cause d’une stratégie d’autodéfense. Il peut y avoir d’autres raisons comme par exemple le fait de ne pas l’avoir appris.

Cet extrait est tiré du livre Hypersensibles, l'amour et les relations aux autres d'Ilse Sand paru aux éditions Josette Lyon.

 

 

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