Femme engagée

"Je suis passionnée d’aimer", l'interview confession de Laury Thilleman

Publié le 12 août 2020
"Selon moi, cette alerte n’est pas arrivée pour rien, elle nous indique qu’on est peut-être allé trop loin et qu’il faut revoir notre fonctionnement"
"Selon moi, cette alerte n’est pas arrivée pour rien, elle nous indique qu’on est peut-être allé trop loin et qu’il faut revoir notre fonctionnement"
© Christophe Lartige (photo retouchée)

Journaliste, animatrice et auteure, Laury Thilleman est devenue en quelques années l’une des icônes du bien-être les plus appréciées des Français. Son élection à Miss France 2011 ? La Brestoise en a fait un fabuleux tremplin pour donner vie à tous ses projets, avec une liberté et un succès qui n’ont d’égal que sa bonne humeur contagieuse. Aujourd’hui, le rêve se poursuit à grande échelle, entre sa carrière télévisuelle, sa marque de vêtements éthiques et les restaurants qu’elle a ouverts avec son mari, le chef Juan Arbelaez.

Cet article a été publié dans le magazine #29 juillet-août 2020

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C’est en nous laissant porter par la Passion, fil rouge de ce numéro, que nous est apparue Laury Thilleman. Pour toute l’équipe de FemininBio elle incarne à merveille cette énergie de feu à travers ses multiples centres d’intérêt et engagements de terrain. Omniprésente sur les réseaux sociaux pendant tout le confinement, où elle animait des défis sportifs fous avec son compagnon, Laury Thilleman est restée fidèle à elle-même: ultra sportive, super positive et tellement motivante. Et c’est avec le même entrain qu’au cœur de sa reprise gonflée de projets réjouissants elle nous a accordé un entretien téléphonique aussi jovial que passionné. 

FemininBio : Chère Laury, à nos yeux vous incarnez parfaitement l’idée que l’on se fait de la passion. Que signifie-t-elle pour vous ? 

Laury Thilleman : Je dirais que la passion représente l’intensité avec laquelle on vit les choses. Pour moi, c’est avant tout l’amour ! Il ne peut y avoir de passion sans amour, que ce soit sur un plan personnel ou sportif, en ce qui me concerne. En fait, la passion, c’est tout ce qui me fait vibrer. Je suis passionnée d’aimer. L’amour avec un grand "A" est familial, personnel, amical, et en être entourée me permet d’avancer dans le bon sens et avec le meilleur entrain dans la vie. 

Quelle est votre façon de vivre passionnément ? 

J’ai la chance de pouvoir conjuguer mes passions au quotidien : le sport, le bien-être et de plus en plus la nutrition, grâce à mon partenaire de vie, Juan. C’est tout cela qui m’anime. Mes parents m’ont éduqué à bien manger, bien bouger et aussi bien penser ! Cela signifie nourrir des pensées positives et savoir s’entourer des bonnes personnes pour cultiver ce mode de vie. C’est aussi tenir à distance les personnes toxiques qui peuvent aspirer notre énergie positive.  Au quotidien je m’applique à toujours aller de l’avant et à trouver le bon côté des choses, à ne pas broyer du noir, même si comme pour chacun d’entre nous, il y a des jours où c’est plus compliqué.  

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Eh bien voilà qui ne s’est pas vu pendant ces derniers mois où vous avez transmis votre bonne humeur aux milliers de personnes qui vous suivent sur les réseaux sociaux ! Quel est votre secret ? 

(Rires) Eh bien j’associe une couleur à mes pensées. Le jaune, bleu, vert sont très positifs pour moi, tandis que le noir, le gris, le rouge ne m’amèneront pas forcément dans la bonne direction. Alors j’ai tendance à me guider grâce aux couleurs de l’arc-en-ciel. Je visualise cette couleur en l’associant aux choix que je dois faire, ou aux personnes que je fréquente. 

Le jaune, la lumière, est vraiment quelque chose qui vous caractérise. Est-ce lié à une forme de spiritualité ? 

Je ne sais pas trop le définir, mais peut-être une forme de bon sens associé à de la spiritualité. Si vous regardez les dessins d’enfants par exemple, les couleurs qu’ils y mettent sont très révélatrices de leur état intérieur. Je crois beaucoup à “ma petite étoile” qui me guide, et j’essaye de l’écouter, notamment dans les choix difficiles que j’ai à faire. Je parviens à faire parler mon instinct et je crois en ma force intérieure pour dépasser un mental qui aurait pu parfois me faire prendre de mauvaises décisions. 

Vous semblez en effet très libre dans vos choix, comme si rien ne vous arrêtait jamais. Avez-vous déjà ressenti des freins sociétaux, en tant que femme notamment ? 

Je ne me suis jamais excusée d’être une femme. J’ai 28 ans, et je pense être née à la bonne époque pour pouvoir m’affirmer, quel que soit mon parcours. J’ai le sentiment d’arriver à faire valoir mes qualités, mes valeurs, car je ne me suis jamais autorisée à me dévaloriser. J’arrive avec aplomb et assurance à ne pas me laisser impressionner. 

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L’image de “Miss France” vous a-t-elle déjà desservie ? 

Si c’est en effet une étiquette qui restera collée à mon front peut-être toute ma vie, ce n’est pas un qualificatif à mes yeux. J’ai passé 24 ans sur les bancs de l’école, et 365 jours dans la peau de “Miss France”. Après le concours, je suis retournée terminer mes études en école de commerce puis en Master de journalisme afin d’exercer ce métier qui est le mien aujourd’hui, et je sais le faire valoir. Miss France fut une merveilleuse expérience qui m’a probablement fait gagner un temps fou et permis de médiatiser ce que je fais aujourd’hui, mais je n’en serais pas là sans avoir aussi énormément travaillé. 

Vous sentez-vous libre aujourd’hui de défendre vos valeurs profondes ? 

Oui, et les réseaux sociaux m’offrent aussi cette liberté de parole en dehors du cadre d’une émission, d’une radio, d’un article. Je trouve une certaine forme de liberté dans l’instantanéité de partager une pensée au présent. 

Quelle leçon tirez-vous de cette période de confinement ? 

Je crois que j’ai vraiment appris à cultiver le moment présent, à prendre conscience à quel point le temps passé avec ceux qu’on aime est précieux. Se rapprocher de l’essentiel, prendre le temps d’ouvrir un livre, de faire du sport, d’écouter une musique, tout en travaillant, est quelque chose que je souhaite nourrir désormais, et cesser de me raconter que je n’ai pas le temps, car c’est une question de choix. S’arrêter est parfois nécessaire et cela m’a fait un bien fou. 

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Ces semaines ont-elles eu un impact sur votre couple ? 

Juan et moi nous connaissions déjà suffisamment pour savoir que nous étions faits l’un pour l’autre, et nous avons vraiment pris comme un cadeau de pouvoir passer autant de temps ensemble. Cette expérience fut ultra positive pour nous. Je sais que cette période s’est révélée pour beaucoup traumatisante, et qu’un certain nombre de couples ne s’en remettront pas, mais j’espère également que la plupart des couples en ressortiront encore plus soudés. Nous avons la chance de faire partie de ceux-là. 

Quel regard portez-vous sur ce qui s’est passé et le monde qui s’annonce à présent ? 

Ce virus invisible me semble à l’image de ce que nous faisons subir à la Nature habituellement : la pollution, l’appauvrissement de la biodiversité causée par l’activité humaine, etc. Soudain, cette menace pour la vie humaine semble avoir opéré un renversement de situation dans laquelle la Nature a peu à peu repris ses droits.  J’ai le sentiment qu’il y avait là un message pour nous alerter sur l’économie, la mondialisation, le fait que l’on dépend de pays lointains pour nous approvisionner… Tous ces éléments nous ont fait prendre conscience qu’on ne marchait pas dans le bon sens, et nous font réfléchir aux alternatives: se recentrer sur le local, apprendre à vivre ensemble, prioriser nos besoins, nous recentrer sur des choses plus simples et plus proches de nous. Selon moi, cette alerte n’est pas arrivée pour rien, elle nous indique qu’on est peut-être allé trop loin et qu’il faut revoir notre fonctionnement. 

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Depuis toujours vous n’hésitez pas à vous engager et à agir pour la sauvegarde de la planète, notamment avec Surfrider Foundation, dont vous êtes la marraine. Cette alerte dont vous parlez va-t-elle changer votre engagement ? 

La situation ne fait que confirmer les prises de conscience que j’essayais déjà de faire passer auparavant, grâce à une certaine forme de notoriété. Je vais donc continuer d’autant plus à porter ces messages. J’espère juste que l’activité ne reprendra pas aussi vite qu’elle s’est arrêtée, car on irait droit dans le mur, que l’on prendra son temps avant de voyager loin en avion, avant de commander du made in China, que l’on s’appliquera à freiner quelques activités. Et cela commence pour moi par apprendre à ralentir un peu nos gestes.

Pensez-vous vraiment que l’humain puisse changer, au moins de regard sur le monde qui l’entoure ?  

J’ai une grande espérance en l’humanité, alors j’ai envie de dire oui. À titre d’exemple je pense aux agriculteurs, dont la profession est si peu valorisée de nos jours, et qui ont joué un rôle fondamental pendant ce confinement, en nous permettant de nous alimenter avec des produits frais et de qualité. J’ose espérer que cette période nous remettra les idées en place et que nous leur permettrons de vivre mieux, avec un peu plus de moyens, en revoyant nos choix de consommation. 

Pour finir, avez-vous un mantra, une citation qui vous guide et que vous aimeriez partager avec nos lectrices ? 

Oui, j’adore les belles phrases, et celle-ci est l’une de mes préférées: «Ton âme est attirée par les personnes comme les fleurs par le soleil ; entoure-toi seulement de celles qui veulent te voir grandir ».

Son actu

  • Son prochain livre, tome 3 de la série " Au Top ", à paraître en septembre 2020.
  • Les tournages de Happy & Zen sur Teva, l'émission antidéprime qu'elle anime.
  • La nouvelle collection de sa marque de mode éthique " Parisienne et alors ", 100% fabriquée en France.
  • Son restaurant healthy, Vida, avec Juan Arbelaez.

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