Solitude

Le silence fait-il peur?

Publié le 12 janvier 2017
Psychologue diplômée d'un master de psychologie clinique (option psychothérapies familiales et interculturalité), art-thérapeuthe, Caroline Escartefigues s'est également formée à la pratique de la relaxation et de la visualisation, à la pleine conscience thérapeutique ainsi qu'à la pratique de l'EMDR. Ces multiples cordes l'aident à accompagner l'autre sur son propre chemin.
© Pixabay

Nous avons rencontré Caroline Escartefigues, psychologue clinicienne, sur la question du silence. Plongez au fil de nos rendez-vous au coeur de cette notion passionnante. Aujourd'hui, réflexion autour du silence et de la solitude.

En pleine nature, est-on dans le silence si l'on entend le bruit des feuilles, les oiseaux…
Qui suis-je moi, qui respire sans l’arbre qui crée l’oxygène, qui suis-je, moi qui marche sans cette terre précieuse qui me porte et me nourrit ? Il est très puissant de réaliser en pleine nature dans un murmure de vent qui parle à nos oreilles que je suis un enfant de la Terre et de l’Univers.

Loin du tumulte de la vie, le retour au « silence de la nature » permet un ancrage vers notre vraie nature. Le philosophe naturaliste américain Henry David Thoreau est lui qui a le plus méticuleusement analysé le lien général qui unit le silence aux choses de la nature, notamment dans son « Journal ». Pour lui, il ne peut y avoir de silence que s’il est crevé par les sons infimes de la nature, ceux des oiseaux, des grenouilles, jusqu’aux feuilles. Il est dans l’absolu, il souhaiterait écouter le silence de la plante qui pousse. Réaliser grâce au silence de la nature notre nature interconnectée à l’univers tout entier ; je trouve cela très inspirant !

Le silence peut être relié à la mort, à la nuit. Est-ce une raison d'en avoir peur ?
On parle d’un « silence de mort »… Et souvent la peur d’être confronté au néant total de la mort nous empêche de profiter de l’instant présent. Nous avons beau savoir que la vie est précieuse, nous n’arrivons pas toujours à l’apprécier à sa juste valeur… Est-ce pour cela que le silence fait peur ? Que l’on nous pousse à briser le silence ; comme s’il existait des cris silencieux ? A priori notre époque souffre d’un manque d’éducation au silence. Cependant le retour de nombreuses pratiques introspectives nous montre que le silence reste encore un antidote puissant ! Pourquoi ? Tout simplement parce que ces pratiques nous reconnectent au cœur. Cœur de nous même, cœur que le mental oublie toujours attiré par l’extérieur. C’est un chemin ardu ; comme le disent toutes les sagesses le chemin le plus long est celui qui nous mène du mental vers le cœur ! Seule la pratique du silence libère ; en parler n’est pas suffisant…

Caroline Escartefigues est psychologue clinicienne. Son site internet, psychologieenpleineconscience.fr

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