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Nutrition infantile : les industriels cherchent de nouvelles idées pour remplir les assiettes de nos enfants

bébé manger chaise cuillere
Les stratégies des industriels pour remplir les assiettes de nos enfants
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Audrey Etner
Audrey Etner
le 11 juin 2013
Nestlé, Danone et consors seraient en perte de vitesse sur le secteur de la nutrition infantile, en raison des "nouveaux comportements d'achats" des parents. Tout cela parce que nous, parents, pensons que l'allaitement et le fait-maison sont meilleurs pour nos enfants. On marche sur la tête...

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Je viens de recevoir les résultats d'une étude Deloitte qui s'intitule "La nutrition infantile en quête de croissance". 

On y apprend que le marché français, longtemps attractif pour les industriels, est désormais en pleine mutation. Il serait même, je cite, "fragilisé par des facteurs conjoncturels et structurels" et aussi par "de nouveaux comportements d'achats". Mince alors ! Pauvres Nestlé et Danone ! 

La faute à qui ? A nous voyons ! Nous parents, convaincus à 82% (source Deloitte) que le fait-maison répond mieux que les marques aux critères de goûts et de naturalité. Nous aussi, mamans qui choisissons l'allaitement, nous sommes désormais 2 sur 3 à préférer nourrir notre enfant au sein qu'avec du lait de vache en poudre, un phénomène étrange qui "touche de plus en plus de mères soucieuses d'initier leur bébé au bon et au sain" (source Deloitte). 

Je ne suis pas dupe ni aveugle. J'assume mon entière part de responsabilité dans l'entretien de ce système. J'ai souvent cédé à l'appel du petit pot (bio, de marque Hipp par exemple) même si je m'applique à proposer des plats maisons à ma fille depuis sa diversification alimentaire. Pourtant, j'avoue être restée interdite devant toutes les "stratégies" conseillées par ce célèbre cabinet à l'attention des industriels. Mais avouez que c'est mettre devant nos yeux la preuve qu'on nous prend pour des portes-monnaies ambulants, sans intérêt aucun pour la santé de nos enfants ! 

La France, premier marché de nutrition infantile

Rassurons-nous (ou plutôt inquiétons-nous) Danone et Nestlé ont encore de beaux jours devant eux. Le marché des assiettes et biberons de nos bambins vaut encore 1,2 milliards d'euros en 2012 (en baisse de 4% tout de même). Pendant ce temps là, "des segments de niche tels que le bio (au hasard) tire son épingle du jeu avec une croissance de 12% en 2011" (Source Deloitte toujours). 

Pas étonnant que nos enfants ne sachent plus reconnaitre une betterave ou un artichaut, comme l'indiquait récemment l'étude de l'ASEF

Comment les industriels vont s'y prendre pour nous faire acheter toujours plus

Voici les grands défis que devront relever les industriels de l'agro-alimentaire pour nous faire acheter toujours plus, alors que nos comportements ont changé (non mais!) et qu'on est désormais classés en parent "vigilant", "pragmatique" ou "naturel".

  • Fidéliser la population des "plus de 18 mois" par une offre adéquate : rendez-vous compte, il parait que 57,4% des parents n'achètent plus de produits spécifiques pour leurs enfants passé 18 mois ! Sont fous ou quoi ? (10ème degré)
  • Ajuster l'offre en insistant sur la naturalité, la fraîcheur et en valorisant toujours le côté pratique : s'ils nous prennent par les sentiments... 
  • Mettre en valeur les bénéfices pour l'enfant et la maman, rappeler la légitimité de l'alimentation infantile : mince, ils n'ont pas le choix. Et si la loi s'en mêle...
  • Coopérer avec le corps médical, les prescripteurs et les influenceurs : c'est peut être ça le plus grave finalement. Les industriels vont encore payer des médecins influents pour faire avaler leurs salades (non bio) à nos enfants. 

Ne soyons plus captifs des stratégies marketing des industriels de l'agro-alimentaire ! Parsemons nos assiettes de sobriété heureuse (merci Pierre Rabhi) ! 

Notre grand défi à nous, sera donc de tendre vers une alimentation naturelle et équilibrée et de la faire découvrir à nos enfants.

Comment ? En se faisant confiance et en "écoutant son enfant". Si celui-ci ne parle pas encore, il montre des signes de préférence envers tel ou tel aliment. Suivez ses envies et les votres.

En ne culpabilisant pas si les petits pots vous permettent de prendre du temps pour vous reposer, profiter de vous, de votre couple, de temps en famille ou pour les loisirs. Détendez-vous.

Ne vous dites pas que Blédina vous sauvera, mais ne pensez pas que vous êtes le pire des parents si vous y avez recours de temps en temps ! 

Bref, laissez-vous guider, n'écoutez pas (trop) les conseils extérieurs, venant souvent de parents, certes plus expérimentés, mais jamais meilleur que vous. Soyez convaincu que le meilleur parent pour VOTRE enfant c'est VOUS. 

Enfin, si vous avez besoin de guides, la chef bio Amandine Geers vous offre quelques conseils : 

Alimentation bio du bébé de 7 à 10 mois

Alimentation bio du bébé de 11 à 15 mois

Alimentation bio du bébé de 16 à 36 mois

Les paramètres de l'étude Deloitte sur la nutrition infantile :

  • 20 entretiens avec des experts et acteurs de la nutrition infantile en France et en Europe
  • 256 parents de bébés de moins de 3 ans
  • Visite de différents circuits de distribution pour répertorier les offres existantes
  • Revue de presse et de littérature sur le sujet de la nutrition infantile pour en cerner les messages clés

Enfin, s'il vous intéresse de lire l'étude Deloitte en entier, j'ai sûrement manqué des détails, prise par l'envie de vous livrer mon ressenti à chaud...

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