Cinéma

De "L'auberge espagnole" à "Un monde plus grand", on aime tant Cécile de France !

Publié le 18 décembre 2019 - Mis à jour le 19 décembre 2019
Son enfance "dans la modération et l'anti-capitalisme" à Namur, en Belgique, a forgé sa personnalité si attachante.
Son enfance "dans la modération et l'anti-capitalisme" à Namur, en Belgique, a forgé sa personnalité si attachante.
© Un monde plus grand

Elle possède cette générosité face caméra autant qu’en coulisses. Les yeux rieurs et la simplicité en bandoulière, l’actrice belge Cécile de France endosse les plus grands rôles du cinéma français depuis sa révélation dans L’Auberge espagnole. Le mois dernier, elle ouvrait au grand public une fenêtre sur la spiritualité avec Un monde plus grand, un rôle puissant qui lui permet de réaffirmer sa connexion profonde et sincère avec la nature. 

Cet article a été publié dans le magazine FemininBio #26 décembre 2019-janvier 2020

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À 44 ans, dont 26 d’une carrière riche et variée, Cécile de France garde la fraîcheur et la simplicité qui font qu'on l'aime tant. Toujours aussi à l’aise dans ses rôles éclectiques – elle est récemment passée des corsets étriqués de Mademoiselle de Joncquières à la gouaille de Sandra dans Rebelles, puis aux chamanes au cœur des steppes mongoles pour Un Monde plus grand – elle est, depuis ses premières apparitions à l’écran, l’amie que l’on rêve toutes d’avoir. Seraient-ce son parler vrai et sa beauté nature qui la rendent si accessible ? Une chose est sûre, son enfance " dans la modération et l’anticapitalisme", à Namur, en Belgique, a forgé sa personnalité si attachante. 

C’est très tôt, dès l’adolescence, que Cécile de France embrasse sa carrière de comédienne par la porte du théâtre. À l’âge de 17 ans elle quitte sa Belgique natale pour se rendre à Paris, où elle est repérée lors d’un cours de comédie par Dominique Besnehard. À l’époque le célèbre agent de stars gère déjà les carrières d’Isabelle Adjani, Charlotte Gainsbourg ou encore Sophie Marceau. Cécile de France obtient son premier rôle dans L’Art délicat de la séduction de Richard Berry, en 2001, puis crève l’écran en étudiante lesbienne initiatrice dans la trilogie de Cédric Klapisch (L’Auberge espagnole, Les Poupées russes, Casse-tête chinois). Son interprétation d’Isabelle lui vaudra deux Césars : Meilleur Espoir féminin puis Meilleur Second rôle.

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Depuis, c’est tout en discrétion qu’elle s’est forgé une place de choix dans le cœur des Français, incarnant des rôles-clés sans pour autant se voir enfermée dans un type de personnage. Fraîche dans Fauteuils d’orchestre (2006), bouleversante dans Sœur Sourire (2009), agent infiltrée brûlante de désir dans Möbius (2013), pour ne citer que quelques-uns de la bonne cinquantaine de rôles qu’elle a incarnés à l’écran, Cécile de France brille toujours là où on ne l’attend pas. 

Hors caméra, l’actrice vit entre son pays natal et son pays d’adoption, en prenant soin de rester loin de la ville. "Je ne suis pas une citadine, j’ai besoin de nature pour me sentir bien", nous confiait-elle récemment. Maman de deux enfants de 7 et 12 ans, elle s’attache à ne pas trop tourner pour protéger son intimité. 

C’est la raison pour laquelle elle s’est si parfaitement glissée dans le récit de l’histoire de Corine Sombrun, adapté de son livre Mon initiation chez les chamanes. Un film de la réalisatrice Fabienne Berthaud dans lequel elle incarne "le rôle d’une vraie femme, puissante et libre". Une expérience unique qui a reconnecté l’actrice à ses racines profondes. "Ces expériences en terre sauvage ont eu comme effet premier de me sentir plus légitime avec mes intuitions, ma sensibilité, ma créativité et mon instinct animal. Dans notre société basée sur le raisonnement et l’analyse, je me suis toujours sentie inadaptée, pas en adéquation. D’avoir vécu cette aventure m’a permis de m’accepter comme je suis et de ressentir ces aptitudes comme une force et non une faiblesse. Ces expériences ont valorisé ma sensibilité."

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En tournage un mois entier auprès des éleveurs de rennes tsataans, coupée du monde, sans eau ni électricité, elle s’est sentie "à la fois très humble et profondément reliée. Nous ne sommes qu’une partie de ce grand Tout, de la forêt, de ce cosmos". De ce rôle hors du commun elle saisit le message universel et pointe la dimension cathartique : "Sa projection entraîne souvent des larmes, comme la possibilité d’une guérison, celle de l’héroïne bien sûr, mais aussi la nôtre, celle du public. Il opère comme une purification. Et finalement c’est le rôle de l’Art comme le définit Platon, permettre au spectateur de s’identifier et de se sublimer. J’ai le sentiment que ce film ouvre des portes de conscience, avec un effet profondément bénéfique. Alors s’il y a un message, c’est un message d’amour absolu à la nature, un hymne. J’aimerais honorer la manière dont Fabienne Berthaud filme la nature et l’être humain, cette poésie qui en émane, la force amicale d’un arbre, le vol d’un oiseau, le souffle des animaux… Cette quête sensuelle de la beauté, cette générosité est centrale dans le film."

Consciente et connectée, Cécile de France n’hésite pas à donner de la voix pour la sauvegarde de la planète, comme lorsqu’elle signe et s’engage pour "L’appel pour la planète" lancé par l’actrice Juliette Binoche et l’astrophysicien Aurélien Barrau et, en décembre 2018, pour le "Manifeste pour un pacte social et écologique" ainsi que ses 66 propositions pour "Le pouvoir de vivre ".

Réjouissons-nous, car nous retrouverons la comédienne en 2020 dans plusieurs rôles clés. De son vivant, d’Emmanuelle Bercot, un drame dans lequel elle joue aux côtés de Catherine Deneuve sur le point de perdre son fils (Benoît Magimel), Comédie humaine, une fresque historique en costumes dans laquelle elle retrouve le réalisateur Xavier Giannoli pour une troisième collaboration. À l’international elle incarnera Sofia dans la très attendue série HBO/Canal de l’Italien Paolo Sorrentino, The New Pope, avec dans les rôles principaux Jude Law et John Malkovich. Enfin, consécration dont elle est très fière, elle entre en 2020 dans la nouvelle édition du dictionnaire Larousse ! 

Portrait par Audrey Etner, en collaboration avec Catherine Maillard.

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