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"Pourquoi j'ai mangé mon placenta", l'interview confiance et intuition de Jeanne Goujon

Femme enceinte accouchement naturel
"Je n’étais portée que par la confiance, l’alignement puissant de tout mon être. Je ne me sentais en aucun cas inconsciente ou agissant de façon inconsidérée." Jeanne Goujon.
Sandra Seitamaa/Unsplash
Maternité bienveillante Mère-veille
Adèle Gireau
Par Adèle Gireau
le 26 avril 2021

Au delà de la controverse, c'est littéralement par instinct que Jeanne Goujon a mangé son placenta juste après avoir accouché de son cinquième enfant chez elle. Sans recherches préalables sur le sujet, elle dit avoir écouté sa voix intérieure, en confiance, et partage avec nous son expérience aussi transcendante que symbolique.


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Jeanne Goujon accompagne dans son cabinet les femmes enceintes pour qu'elles vivent une grossesse et un accouchement plus serein. Lors de son cinquième accouchement, à la maison, elle décide de manger son placenta et de coucher sur papier les raisons qui l'ont poussée à faire un tel choix.

FemininBio : Vous avez écrit votre livre Pourquoi j'ai mangé mon placenta (ed. Mama) suite à votre expérience hors du commun. Pour quelles raisons avez-vous fait cela ?

Jeanne Goujon : Le titre de mon livre pointe précisément cet acte hors du commun, le fait d’avoir goulûment mangé mon placenta à la naissance de mon cinquième enfant. Ce titre, légèrement provocateur, est une invitation, par la réaction déconcertante qu’il peut provoquer, à bousculer les regards portés sur la naissance en général.

Dans mon livre, je raconte une longue évolution qui dure dix-neuf années, entre mon premier enfant, lors de mes vingt-trois ans, et mon dernier à quarante-deux ans. Le fait d'avoir mangé mon placenta est une partie isolée de ce cheminement, qui englobe des prises de consciences à plusieurs niveaux.

>>A lire sur FemininBio Témoignage : j'ai vécu un accouchement extatique

Aussi, pour répondre à votre question je dirais que j’ai suivi, de manière absolue, une intuition très profonde en moi, comme gravée. Je n’ai pas “décidé” de manger mon placenta, cet acte a jailli de lui-même.

Comment avez-vous entendu parler de cette pratique ?

J’ai mis au monde mon dernier enfant il y a dix ans, durant cette grossesse je n'avais pas défini d'autre plan, que celui de rester connecter à mes ressentis, je dirai de mammifère ! Autour de moi, les sages-femmes que je fréquentais et qui pratiquaient les accouchements à domicile n’avaient pas particulièrement entendu parler de femmes qui mangent leur placenta. Par contre, de celles qui les enterrent au pied d’un arbre ou autres actes symboliques, oui. Cependant, si vous lisez mon livre vous comprendrez que ma démarche était justement de ne surtout pas me renseigner sur quoi que ce soit. J’étais arrivée à un stade où seul mon guide intérieur me soufflait les actions que je devais mener. Je ne me suis donc pas inspirée d'une mode ou d'un quelconque courant de pensée.

N'avez-vous pas eu de craintes pour réaliser ceci sans accompagnement (vous avez accouché sans sage-femme) ?

Si j’avais eu des craintes ou des doutes, je ne serais sans doute pas allée explorer ce jusqu’au-boutisme exaltant que j’ai vécu.

Je n’étais portée que par la confiance, l’alignement puissant de tout mon être. Je ne me sentais en aucun cas inconsciente ou agissant de façon inconsidérée. J’avais mis au monde quatre enfants, dont un à domicile, de manière tellement naturelle, tellement simple. Je sentais que mon pouvoir de femme qui met au monde n’était en rien altéré. J'avais à travers cette naissance, l’occasion unique de “télécharger”, en quelque sorte, la totalité de mon savoir. Et que, pour cela, je devais être seule, médicalement parlant, afin d'avoir le champ libre d'aller puiser en moi-même les parts inconnues de mes potentiels.

La placentophagie est déconseillée par certains scientifiques car, agissant comme un filtre, le placenta retient certains déchets comme des métaux lourds. Avez-vous pris des précautions quant à ces risques ? Que pensez-vous de cette controverse ?

Les seules vraies précautions que j’ai pris à ce moment, durant cette grossesse et cet accouchement, ont été de ne surtout pas me laisser influencer par quoi que ce soit en dehors de mes ressentis. Il a donc fallu que je coupe avec internet, les lectures, les discussions et autres conseils. J’ai respecté profondément la “Jeanne qui entendait des voix” et me guidait, car alors mon cœur s'ouvrait, se dilatait et mon assurance grandissait de plus en plus.

C’est bien après cette expérience, venue de façon totalement intuitive et guidée par l’animal en moi, que j’ai fait des recherches sur le placenta.

>>A lire sur FemininBio : La troisième phase de l'accouchement

J’ai été stupéfaite de voir à quel point sa richesse est inouïe, extrêmement riche en fer, en protéines, en minéraux et éléments nutritifs, bourré de vitamines ethormones comme l'ocytocine. Il augmente la production de lait, baisse le risque de dépression post-natale, améliore le lien entre la mère et l’enfant, stabilise le niveau sanguin - il peut sauver des vies en cas d'hémorragies post-partum. Un simple petit bout de placenta ingurgité contracte immédiatement l’utérus et fait cesser les saignements. Il est consommé depuis des siècles dans les pays pauvres où les médicaments font défaut, les sages-femmes de ces ethnies connaissant parfaitement ses qualités.

J’ai aussi lu des dossiers scientifiques extraordinaires rapportant le pouvoir unique et fabuleux contenu dans les cellules souches du sang du cordon et du placenta. Cela, ajouté aux sensations concrètes et extrêmement positives que j’ai pu ressentir dans mon corps lors de son ingestion.

Pour répondre à votre question sur la controverse, je peux vous dire qu'après plusieurs recherches sur les métaux lourds présents dans notre alimentation quotidienne, le fait de manger son placenta ne me rend pas plus inquiète que de manger un pavé de saumon ou boire l'eau du robinet.

L'autrice :

Après dix années de formation en massage du bout du monde, en soins énergétiques, en thérapies de la psyché comme les constellations familiales, ou archétypales et symboliques, Jeanne Goujon ouvre son cabinet. Avant tout, mère de cinq enfants, tous nés sans péridurale, elle accompagne les femmes enceintes pour une grossesse et un accouchement serein. Elle a créé sa propre technique de soin : le Massage Mémocellulaire®.

(©Mama éditions)

Le livre :

Pourquoi j'ai mangé mon placenta, de Jeane Goujon, aux éditions Mama, 2021.

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